EXECUTION DE MARTIN
Le shérif Lepire n'ayant pas réussi à trouver un exécuteur des hautes œuvres, a opéré lui-même ce matin, en pendant le bandit Martin. Martin, on s’en souvient, détourna du trésor municipal un plein tombereau de cendres.
Vieux Papiers
Toujours en feuilletant les archiv es poyssiéreuses de notre Bibliothèque Nationale, je viens de découvrir un livre manuscrit fort curieux intitulé: Minutes du Conseil de Ville de la Cité de Geerusalem.
Pour vous éclairer il faut vous dire que cette ville, située sur les bords d’un fleuve américain, aujourd’hui asséché, avait porté autrefois le nom très chrétien de Ville- Marie-de-Montréal.
Ceci dit, revenons au vieux bouquin, que je traduis, car il est écrit dans la langue des peuplades, qui habitent aujourd'hui le pays de Sion; pour vous ce serait de l’hébreux.
Je prends au hasard :—
Sur proposition de l’échevin Bloomfield, appuyé par l’échevin Cohn, le bureru d'Hygiène municipal est aboli. Carried unanimous]y.
Fa + £
Le greffier David-Ben-David fait "apport qu'il a choisi comme chant municipal l'œuvre de Goldberg : “Youpe, youpe sur la rivière”?
Sur proposition de l’échevin Rosemblüm, appuyé par tout le Conseil le service des incendies est aboli. Carried.
Sur l’ordre de la Ville, l’encanteur Lazarus a vendu hier les appareils d'incendie au Syndicat des Regrattiers.
Le commissaire Silverman recommande au’un impôt de $1,000 par année soit prélevé sur les baignoires.
Sur proposition de l’échevin Rosenthal appuyé par l’échevin Langloisky le nom du quartier Saint-Louis est changé en celui de 5 £.
Une commission a été chargée d’étudier la
possibilité de réduire les taux €‘ -ssurance sur le feu.
À bout portant 5h]
Les avocats de la Ville sont d'opinion qu'il serait opportun d’abroger, pour les murchands du moins, le règlement défendant l’usage de la gazoline.
Re PE ER ROE R e e EN O ERT Ee su s 7 ou
Le chef du service des travaux publics fait rapport que le dernier bain publie a été démoli hier.
Le maire Lazarus a signé ce matin, la proclamation: l’Ail manque!
Une fête intime réunissait hier les commissaires et les échevins dans les salons de Son Honneur. On célébrait sans pompes la fête nationale du 24 juin. Au nom de a ligue des Citoyennes, Mme Salomé Rosen a présenté à la Ville, sur un plateau d'argent, la tête du dernier Jean-Baptiste.
Cri du Coeur |
En ce siècle où la réclame est le nerf du commerce, croiriez-vous qu’il est des marchands qui la fuient?
Cela pourtant est l’exacte vérité; l’histoire, que l’on vient de me narrer, le prouve.
Le héros est un Juif de la rue Craig. Je ne le nommerai point, puisqu'il adhorre l’annonce et, ensuite, parce que vous ne fréquentez point sa boutique.
Or done, un certain jour, un agent d’une fabrique de timbres de caoutchouc se pré- -ente chez ce Salomon queleonque. Le Juif, flairant un client possible, s’avance avec des airs de félin prêt À dévorer sa victime.
La bouche en cœur il demande:
—You want to puy?
Le Juif parle—si on peut dire—de préférence la langue de Shakespeare, malgré “Le Marchand de Venise”
L'agent répond non. Tout de suite, le fils d'Israël change de masque et s'écrie, en levant les mains à la hauteur de ses oreilles :
RE pes oi ad te
—1 don’t want nothing!
L'homme aux timbres de caoutchouc ne se tient pas pour battu; il commence à vanter sa marchandise.
Il en démontre l'utilité.
—Tenez, dit-il avec ces timbres vous pouvez, à peu de frais, avec un tampon encreur, imprimer votre nom et votre adresse sur les paquets, lorsque vous faites une vente.
—Vat’s the use, anyway?
—-Vos clients retiennent votre adresse et reviennent faire des achats.
—Get out! Ven a customer buys here, I want him to forget the place. (authentique).
Enfoncé le Midi!
Il ne s’agit pas de celui de quatorze heures, mais bien de celui de la France: celui qui sans cesse bourre,
Or done, l’autre jour, deux de nos cousins Méridionaux, l’un venu directement de la Cannebière, —i] s’appelait Barbassou — et l’autre natif de Tarascon — il répondait au doux nom de Tartarin, naturellement-— Causaient entre eux dans un restaurant de... disons de Sorel,
L'un et l’autre vantaient avec force amplification les mérites respectifs des belles villes qui les virent naître.
Barbassou cxaltait Marseille et son port incomparable ; Tartarin le relançait, en disant, que nulle part ailleurs dans l'univers, même dans Neptune, on ne saurait trouver plus splendide Tarasque que celle qui fait la gloire de Tarescon.
Chacun, à qui mieux mieux, peignait sous les plus belles Couleurs, Marseille et Tarascon. Et, cela va de soi, on exagé-
ere
rait... un peu, un tout petit peu mon bong!
Les deux enfants du Midi racontaient les plus colossales galejeades. On en vint à parler monument et les exagérations devinrent monumentales.
—A Tarascon, disait Tartarin, le grand tueur de lions, le palais municipal-—ear c’est un palais—est tout en argent solide devuis le rez-de-chaussée jusqu’au grenier.
Le soir la lune lui emprunte ses reflets, té!
—Pécaïre, répondit Barbassou en faisant la moue, à Marseille, la bicoque de mon savetier, elle est en or massif et le so-
leil,—car nous n’avons jamais de lune chez nous—prend son éclat doré de cette bico-
que, té!
Le brave député de Richelieu qui était en train de prendre un apéritif, à une table voisine, avait entendu la conversation extravagante. Il se mit à sourire, puis s’approcha des deux méridionaux:
—Vous monsieur, qui avez un palais mirifique, dit-il, à Tartarin, et vous, monsieur, à la bicoque resplendissante, fit-il à Barbassou, venez voir quelque chose qui va vous épater.
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Epater un Marseillais et un Tarasconnais cela ne s’est jamais vu; néanmoins les deux amis suivirent M. Lanctôt — cui,
c'était M. Lanctôt, vous l'aviez sans doute deviné.
—Ouvrez vos yeux et regardez, fit tout à coup le brave député, en débouchant au coin d’une rue, ce n’est pas un palais, ce n’est pas une bicoque, c’est tout simplement ma Maison! Il appuya sur ce dernier mot en se donnant un air d'importance.
Tartarin et Barbassou restèrent figés sur
place: La splendeur de la résidence de M.
Lanctôt les éblouissait.
—Té, s’exclama Tartarin, déconfit, c’est de l'argent pour de bon!
—Autrement,, fit Barbassou en levant les bras au ciel, c’est de l'or authentique
—Ni l’un ni l’autre, messieurs, reprit le député exubérant, c’est mieux que l'or et l'argent, et ça me coûte beaucoup moins cher. C’est de la peinture de gouvernement, tout simplement !
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Pauvres Poissons Tres lotsson:
Un journal du soir vient de rapporter qu’une chose extraordinaire s’est produite à Pierreville. “Tous les poissons de la rivière Saint-François, dit cette feuille, semblent voués à la mort. L’eau est, en effet, couverte de leurs cadavrr< car ils meurent par centaines.”
Et le confrère ajoute: On ne sait à quelle cause attribuer ce fait!
Comme nous sommes toujours soucieux de bien renseigner nos lecteurs, nous avons chargé notre reporter du service maritime de faire une enquête. Il a interrogé une Carpe du Saint-Laurent, mais il n’en a rien pu tirer: elle était muette... comme une carpe, naturellement.
Alors notre collaborateur s’est rendu à Pierreville et là, vêtu d’un scaphandre, il est descendu au sein de l’onde perfide (style la Presse), I a rencontré la fameux petit poisson de Lafontaine qui est devenu grand, et lui a tiré les vers du nez.
Voici l'interview que nous offrons EXCLU.
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Gnmmentet*
SIVEMENT à nos nombreux lecteurs (style: voir plus haut).
“L'autre jour, a dit ce poisson, un des nôtres trop curieux—c’était probablement une poisson—se rendit à Farnham pour entendre discourir un diplomate japonais dont la réputation était parvenue jusqu’à nous à la suite d’une aventure sur la rivière Modder.
“Ce camarade aquatique, voyant que l’orateur pêchait en eau trouble, aurait dû se méfier, sachant par expérience que tous les pêcheurs sont nos ennemis. Néanmoins, il resta jusqu’à la fin et pour le malheur des siens retint, sans en oublier un mot, une virgule ni même une ligne— encore un instrument funeste à notre race —Ja pièce d’éloquence éjaculée par le loquace Nippon.
“Fier de lui et heureux comme un pois-
son dans l’eau, cela va sans dire, notre ami revint et convoqua une réunion géné-
rale de tous les perches, crapets, anguille, barbottes, maskinongés, flétans, brochets, esturgeons, goujons, et enfin, de tout le menu fretin des alentours.
“Lorsqu'ils furent assemblés, il leur fit le récit de son Voyage, puis il répéta sans en rien oublier la harangue de Lemiew—Lemiew c’est le nom de l’orateur japonais.
“Devant ce déluge de paroles sonores, mais creuses, mes frères, qui n’ont pourtant jamais eu peur des flots, restèrent interloqués et littéralement figés.
“Leurs nageoires devinrent paralysées et leurs queues s’immobilisèrent. Ainsi privés de leurs mouvements et dans l'incapacité de nager, tous coulèrent à pic et se noyèrent”,
—Mais, vous, demanda notre reporter, vous vivez?...
—Au! moi c’est différent; je suis habitué: jai déjà entendu D. A. Lafortune...
Et l'interview se termina en queue de voisson.
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et —: , er NS Re PR