SCULPTEUR
Pauvres Chinois /
Tu-Tan-Fou, le célèbre fabricant de pantalons de Nankin, qui s’est illustré par sa brochure révolutionnaire intitulée :
“Coupons nos nattes!” est mort empoisonné.
Ce malheur a jeté le nouveau président de la république chinoise dans la consternation; le défunt était son meilleur ami et son plus précieux conseiller. Ses soup- Çons se portèrent aussitôt sur un conspirateur mandchou, qu’il fit électocuter, sur l’heure.
La décapitation et la pendaison, dernier vestige d’un régime arriéré, avaient été abolies la veille.
Une prompte enquête, instruite par le Coroner Mac-Ma-Hong, révéla que }e conspirateur n’était pas le meurtrier; la machine à désélectrocuter n'étant pas encore inventée, on inhuma le maikheureux innocent.
Voic. ‘5mment Mac-Ma-Tiong avait dé- Couvert ia véritable cause du décès de Tu- Tan-Fou.
Il se rendit chez le défunt et interrogea ses serviteurs. Le cuisinier fournit la clé de l’énigme :
—Mon maître, dit-il. fêtait hier la proclamation de la nouvelle république; il se fit servir un plantureux repas.
—Ah! s’exclama le coroner, il aurait mangé un peu trop de tête de rats fromagés.
—Non, il ne touchait plus aux rats.
—Alors, un CROP suey aux sauterelles serait le coupable.
—Il avait banni ce plat de sa table.
—Voyons, c’est peut-être un potage aux nids d’hirondelles trop copieux...
—Il le détestait depuis la réforme.
—Diable! Est-ce qu’il aurait trop consommé de confitures aux fourmis ?
—Je les ai jetées à l’égoût avant-hier.
—Je m'y perds... qu’a-t-il donc dégusté?
—Le contenu de ceci, fit le cuisinier, en
donnant au coroner Mac-Ma-Hong une boîte de ecnserves de Chicaco.
—Je comprends enfin! Puis, soupirant, le coroner ajouta, en jetant un regard plein d’amertume sur la boîte de conserve: Ceci a tué cela!
mener sante
CH Si te br |
Le Ministre, l'Horloger et la Montre (Véridique Histoire)
Il y avait une fois un Ministre au front pileux, un Horloger au cœur d'argent et une Montre du même métal.
Le Ministre s'appelait Lemiew, l’Horloger était Suisse et la montre itou.
Le Ministre se rendit chez l'Horloger, à Genève; moyennant un billet de mille beaucoup plus france que l’Horloger, il acheta la Montre.
Le Ministre partit pour Paris; rendu là, il s’arrêta. La Montre aussi.
Le Ministre visita Rome, puis Londres, et ensuite il leva le pied pour le Cap. Tout juste: de pied en Cap.
La Montre fit le voyage sans se beaucoup fatiguer: de tout le trajet elle ne marcha pas un seul instant.
On prétend, quoi qu’elle fût en argent, qu’elle avait les pieds nickelés. C’est faux, car ce n’était pas un Cadran,
—Ah! disait Lemiew, si elle était en métal de fusil, je la ferais bien partir.
Le Ministre passait ses heures de loisir à travailler dans le boitier de la Montre; tous ses efforts étaient inutiles: la petite Suissesse ne voulait pas marcher.
Les caresses, les promesces, la persuasion, la violence et même les discours n’y firent rien.
Toujours, après ces conférences, la petite Genèvoise, plus toquée que tocquente, restait muette et réintégrait son gousset la queue basse corme le renard de la fâble.
Vraiment cet oignon était d’une obstination à faire pleurer.
Le Ministre désespéré, confia so” infortune à son secrétaire. Celui-ci sans balancier,—pardon sans balancer, — répondit que les chronomètres n'étaient pas de son ressort.
Pourtant une fois le Ministre et la Montre se mirent d'accord. C'était au passage de la Modder.
Quelques instants auparavant, la petite
ne me
re
tic-tac. L'’émotion, peut-être, de se trouver en pays Bœr avait fait battre son cœur.
Le Ministre était radieux! sa Montre marchait.
On s’engage sur la rivière. ‘j'out à coup, v’lan! c’est une panne,
Le Ministre se trouve immobilisé; il regarde sa montre: elle aussi est arrêtée...
et pour toujours.
Longuement Lemiew considère la perfide d’un œil mélancolique. Puis enfin, sans chercher de midi à quatorze heures, il se résigne: Le vin est versé, s’exclame-t-il, il faut le bœr...
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