CONCLUSIONS
Complications connues des traitements par la cortisone et l’'A.C.T.H, les troubles mentaux présentent un polymorphisme d’expression et d'évolution: tel, qu’il est difficile de les faire entrer dans le même groupe nésographique. Nous pensons l'avoir montré d’après les nombreuses observations de ce travail.
Nous avons distingué essentiellement les troubles survenant en cours de traitement qui, par leur gravité, peuvent avoir des répercussions sur la conduite thérapeutique; retenant surtout la constance des troubles de la sphère thymique, l'importance de lélément confusionnel, facteur certain de gravité, et les différences qui séparent les affections psychiatriques spontanées de celle que nous étudions, il nous paraît normal de les ranger dans le cadre des états confusionnels d’origine toxique, tels que les a décrits RÉGis.
En effet, d’après les données expérimentales et cliniques, et tenant compte du rôle important joué par le terrain et la maladie, objet du traitement, nous pensons que V'A.C.T.H. ou la cortisone déterminent une encéphalotoxicose avec altérations hypophysaires, électro-encéphalographiques et vasculaires pouvant aboutir à la production d’un œdème cérébral, cause explicative de état confusionnel. Une telle hypothèse permet l'application d’une thérapeutique spécifique efficace, qui a déjà trouvé des applications pratiques et qui doit permettre la poursuite du traitement, malgré l’apparition de troubles mentaux, chaque fois que la maladie traitée est capable
de tirer le meilleur profit de la thérapeutique cortisonique, compte tenu des autres possibilités. Mais, mis à part ce côté négatif de la corticothérapie, l’action de la cortisone sur le psychisme a permis d’entrevoir des possibilités intéressantes dans le traitement des affections mentales. S’il est encore trop tôt pour tirer des conclusions définitives, il importe de connaître les voies dans lesquelles s'engagent les recherches; si les théories de H. SELYE cherchent à expliquer la genèse des maladies mentales, en les faisant entrer dans le cadre des maladies d’adaptation, il ne faut pas oublier ce que lexpérimentation nous apporte : ni l’étude du test de Thorn, ni la comparaison de la réaction d’alarme et des méthodes de choc, ni enfin la thérapeutique cortisonique en clinique psychiatrique ne nous permettent d’adopter une telle explication.
L'avantage de cette hypothèse tient surtout dans la mise en valeur des hormones surrénales dans la régulation du psychisme et à souligner l'importance de la composante endocrinienne dans les affections mentales, mais auéun fait ne permet de donner à la glande surrénale une importance supérieure à celle des autres glandes endocrines. Si elle existe, elle reste à démontrer.