‹ A. C. T. H., Cortisone et Troubles MentauxChapitre 41 sur 44 · AUS PE · texte numérisé non relu

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choc, encéphalographie gazeuse, choc insulinique, injec- -Hons massives d’acide ascorbique). Les auteurs obtiennent avec l'A.C.T.H. une efficacité comparable aux autres thérapeutiques, mais cette méthode nouvelle n’a pu éviter la rechute habituelle au bout de trois semaines, malgré un traitement préventif par l’A.C.T.H. Doit-on attribuer cet échec à une dose insuffisante, à l’activité moins importante de la nouvelle A.C.T.H. employée, ou à un épuisement surrénalien ? Guéri une seconde fois par l’A.C.T.H,, le malade a pu reprendre son travail. ,

En dehors de ces observations, succès ou demi-succès, qui témoignent d’une activité certaine de PA.C.T.H, et qui justifient la continuation des recherches sur sa valeur thérapeutique, les autres publications n’apportent pas de - bons résultats, ainsi qu’en témoignent les observations qui-suivent et qui concernent des affections mentales comme les psychoses maniaco-dépressives ou la schizophrénie... HENcH (Médecine et Hygiène, 1* décembre 1950) déclare que « les résultats ont été nuls dans le traitement des réactions schizophréniques et des psychoses dépressives ».

ROME et BRACELAND (Proceedings of the staff Meetings of the Mayo Clinic, 16 août 1950) ont essayé l’A.C.T.H. et la cortisone chez trois malades atteints de mélancolie à la période d’involution. « S’il y a eu quelques modifications dans le comportement des malades, aucun de ceux-ci n’a pu cependant tirer bénéfice de cette thérapeutique. »

GLASER a essayé l’A.C.T.H. à la dose de 100 à 200 mg. par jour, chez six schizophrènes (trois hommes et trois femmes); il constate que la création d’un état d’hyperadrénalinisme n’apporte aucun changement heureux dans la symptomatologie. Au contraire, dans un cas, ils ont noté l'apparition d’angoisse à propos des modifications somatiques (poids, acné...) ; dans un autre cas, après l’arrêt de lA.C.T.H., une exagération des tendances psychotiques.

Pour ALTSCHULE, chez plusieurs malades en phase dépressive, l’hormone hypophysaire eut au début un heu-

reux effet, mais en général, cet effet fut dépassé, et la survenue d’agitation, d’hallucinations, d’irritabilité, obligea parfois à recourir aux électro-chocs. Nous avons déjà signalé que certains auteurs avaient constaté que la cortisone sensibilisait le cerveau à l’action de lélectrochoc. ALTSCHULE remarque que, inversement, des malades améliorés par les thérapeutiques de choc, deviennent moins sensibles à lVA.C.T.H.; il existe une diminution nette des effets de l'hormone sur le taux des éosinophiles, l’excrétion de l’acide urique et la courbe d’hyperglycémie provoquée.

P. BENDA, dans sa revue critique sur le syndrome général d'adaptation et ses applications cliniques et thérapeutiques en neuro-psychiatrie, expose les résulats de la thérapeutique par l’A.C.T.H. en psychiatrie, et il conclut : «Les tentatives en ce sens dans diverses conditions mentales se sont révélées, dans l’ensemble, décevantes ». Voici les exemples ou. ’il apporte à l’appui de ses conclusions.

Dans les psychoses maniaco-dépressives : (CLEGHORN note une amélioration passagère et discrète de l'état dépressif, avec une dose de 100 mg. d’A.C.T.H. par jour, qui contraste avec l’effet thérapeutique net de la série d’électro-chocs ultérieure; et, pourtant, le degré d’activation du cortex surrénal par l’A.C.T.H. se compare à celui produit par le choc, mais la stimulation par lA.C.T.H. est continue, alors que l’action du choc est infiniment plus brusque. LEHMANX traite par la cortisone un cas de manie qui est amélioré, mais rechute une semaine après l’arrêt du traitement.

Dans les mélancolies involutionnelles, avec une excrétion basse des dix-sept C.S., on note, d’après HEMPHILL, une amélioration clinique et biologique dans un cas sur les trois traités.

ALTSCHULE observe un échec, malgré le déclenchement dun syndrome humoral net; sa malade réagit au contraire à l’électro-choc.

SPIES rapporte un cas favorable.

— Dans les schizophrénies, SPIES note l’amélioration spectaculaire d’une psychose paranoïde délirante, HEM- PHILL observe des àlternatives de rémission et de rechutes, tant cliniques que biologiques, chez trois schizophrénies « aiguës ».

Telle est, à l'heure actuelle, lapplication des découvertes de HENCH et KENDALL en psychiatrie. Si, comme ces auteurs l’affirment, la cortisone est encore au stade de l « expérimentation » en médecine générale, à plus forte raison, elle est au banc d’essai dans ses tentatives d’utilisation chez les malades mentaux. Si, dans les autres branches médicales, elle a vu ses indications se préciser, il est à peu près certain qu’en psychiatrie elle s’adressera à une catégorie de malades bien définie; les rapprochements que nous avons tentés entre son action et celle de l’électro-choc, l'intérêt du test de Thorn dans l’analyse de la glande surrénale, doivent permettre de reconnaitre les malades qui peuvent bénéficier de cette thérapeutique. Même si la note pessimiste qui se dégage des travaux actuels devait se confirmer, son étude dans les affections mentales ne saurait rester vaine, car elle aura eu l’avantage de mettre l’accent sur les désordres endocriniens, pressentis mais rarement affirmés, qui jouent cependant un rôle de plus en plus reconnu dans les troubles psychiques, car « la pensée libre, pour se manifester, exige la réunion harmonique dans le cerveau de conditions organiques, physiques et chimiques ». (C1. BERNARD).

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