FRATERNITÉ
Dans celte ascension, la fraternité doit être considérée comme une chaîne immense dont chaque être humain est un chaînon. On ne peut monter seul ; on a toujours quelqu’un à suivre et quelqu’un à guideiv A celui qui vous tend la main, pour vous aider à franchir une crevasse, vous devez, comme un acte de gratitude, de tendre la vôtre à cet autre qui soupire derrière vous, accablé par la fatigue; — car l’humanité est Une et tout secours donné à Pun de ses enfants est donné à tous, et ce n’est pas toujours à celui qui vous a obligé que vous payez votre dette.
Ce rêve de fraternité universelle, tâchons de le mettre en action. Sentons vibrer en nous chaque être de la Création; identifions-nous avec chacun de nos frères. Le peu que nous savons, mettons-le à leur service. Et si un rayon de la grande Vérité a jailli sur noire route, goûtons la joie infinie de le répandre sur d’autres existences. C’est en travaillant au bien d’autrui que nous avancerons nous-mêmes vers ce but lointain, but dont nous ne pouvons imaginer que bien vaguement la gloire éblouissanle.
Avant de passer à Télude de la grande loi [de causalité, complètement inséparable de la loi de l’évolution et de la réincarnation, et qui éclairera singulièrement pour nous le problème de la soulTrance, je voudrais répondre à une ou deux objections qui souvent m’ont été faites, et qui, peut-être, viendront a l’esprit de quelqu’un d’entre vous.
(( Pourquoi riiomme, me direz-vous, pour atteindre l’état divin, a-t-il besoin de traverser toutes ces expériences, de se plonger dans le mal, de subir la souffrance ? Si Dieu est puissance et amour, pourquoi n’a-t-il pas créé l’homme, dès l’abord, parfait, lui épargnant ainsi ce long pèlerinage de douleurs ? »
Certes le Logos, c est-à-dire Dieu, aurait pu créer l’homme parfait. Il ne l’a pas voulu, car créer de toutes pièces un homme parfait, c’était créer une machine, un automate. Dieu a donné à l’homme le libre arbitre; il a voulu qu’il arrivât par lui-môme, par ses propres expériences, à la Connaissance, à la Soi-conscience et finalement à la Divinité; il a voulu que l’homme connût le mal et la souffrance; qu’il traversât les épreuves pénibles, nécessaires au développement (le sa conscience morale. Il a voulu que riiomme fût un être libre. Il a voulu qu’en s’élevant il pûts’identifieravec toutes ses faiblesses passées, toutes