‹ A ceux qui souffrentChapitre 9 sur 44 · FRATERNITÉ · texte numérisé non relu

FRATERNITÉ

degrés. Tous nous avons franchi les ères primitives de révolution humaine ; tous nous avons fait le mal, semé la souffrance autour de nous par la satisfaction de nos désirs égoïstes ; peut-être avons-nous été les pires criminels, — tout au moins avons-nous connu rignorance la plus grossière. Notre devoir est donc d’aider nos frères-enfants, nos frères plus jeunes, d’élever leur niveau moral, de combattre rignorance sous toutes ses formes.

A tous les degrés de l’échelle un devoir s’impose : devoir envers nos frères plus jeunes, devoir envers nos égaux, devoir envers nos supérieurs.

La fraternité, la solidarité humaines remplacent avantageusement l’égalité. Car, là où l’égalité maintient la haine, le soupçon, la défiance, la fraternité a les mains ouvertes et pleines d’amour. Cet admirable principe est l’un des privilèges et 1 une des forces de notre Société théosophique, aujourd’hui répandue dans le monde entier : il implique moins faide matérielle, donnée d’ailleurs un peu partout par d’autres sociétés purement philanthropiques, que l’aide morale, intellectuelle, spirituelle (i).

(1) Comme Société, la Société théosophique se doit au but spécial pour lequel elle a été créée, et toutes ses ressources doivent converger vers le secours spirituel, car^

Imaginez nos innombrables vies terrestres comme une ascension grandiose vers des sommets en apparence inaccessibles. La neige éblouissante de ces pics ne peut être aperçue que par les voyageurs les plus avancés : nos frères aînés, qui montent d’un pied ferme, sans se laisser détourner de leur but; les frères les plus jeunes, les enfants de l’humanité, marchent encore à tâtons dans la vallée obscure, se laissant attarder par mille obstacles, inconscients de la route à suivre. L’humanité moyenne, à des degrés infinis de développement, précède les àmes-enfants, et suit les aînés, bon gré, mal gré, ou en pleine confiance, dans ce pèlerinage incessant dont elle ne distingue ni l’origine, ni le but.

seule la lumière peut disperser l’ignorance, et c’est l’ignorance qui est cause de tous les maux. En concentrant ainsi ses efforts, elle s’attaque à la racine du mal, et, quand la sève de l’arbre vénéneux sera tarie, la misère physique disparaîtra d’elle-même. Si, au contraire, elle consacre ses ressources pécuniaires à donner du pain aux affamés, elle sortira de son rôle, et, comme tant d'autres Sociétés de bienfaisance, dont Tutilité est incontestable, elle se contentera d’émonder les rameaux desséchés, sans tarir la source même du mal. ^

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