‹ A ceux qui souffrentChapitre 4 sur 44 · RÉINCARNATION · texte numérisé non relu

RÉINCARNATION

héritage d’expériences, ("et héritage, bien mince dans les débuts, s’accroît à mesure que Tàme se développe. Et toutes ces expériences, la plupart douloureuses, constituent à la longue la conscience morale.

Songez aux vies innombrables qui sont nécessaires pour constituer une conscience délicate ! Songez aux souffrances qui ont frappé, qui ont martelé celte pauvre âme avant qu’elle ait appris sa leçon ! Elle a tant à apprendre ! )(

Or, si la souffrance est la conséquence du mal, ainsi que nous l’avons vu plus haut, le mal est le résultat de l’ignorance. Et l’âme ignorante, entraînée par ses impulsions, par ses désirs, par ses passions brutales comme par des chevaux emportés, l’âme ignorante commet le mal, et le commet encore et toujours, jusqu’à ce qu’à force de soufïrir, à force de voir la douleur suivre la mauvaise action, elle commence à raisonner, à tirer une déduction de ses expériences et à éviter le mal. Voilà le début du raisonnement, les premiers germes de la conscience morale...

Oh î c’est une conscience bien grossière dans les débuts ! Tâme ne commet plus une certaine action, non parce qu’elle est mauvaise, mais seulement pour éviter ta souffrance qui en résulte. Avec des âges d’expériences nouvelles et continues cependant, cette

conscience se développe et s’enrichit ; et, à mesure qu’elle se développe, l’intelligence aussi se développe et s’affirme. L’évolution se fait plus rapide. Les instincts mauvais ont disparu, les impulsions brutales, irréfléchies,les sensationset les émotions grossières sont devenues des sentiments et des affections ; rhomme, maintenant, est capable de désintéressement dans ses affections ; il a conscience de sa dignité jusqu’à un certain point. Encore des existences, plus ou moins nombreuses, et ce sera un homme de devoir.

Arrêtons-nous un instant ici et comprenons que pour un homme à peine sorti de l’enfance, c’est-à dire des premières phases de l’évolution, le devoir n’est pas ce qu’il est à notre degré évolution. Le devoir est esseiffiellement relatif y à mesure que nous nous élevons et que notre conscience s’affine, le devoir change d’aspect, se complique, devient plus rigide. Ceci nous oblige à une grande indulgence vis-à-vis de nos frères. Le devoir que Von ne sent pas, dont on n’a pas conscience, n'est pas un devoir. Et, pour le faire, il faut tout d*abord le comprendre... Le même raisonnement peut s’appliquer à l’idéal.

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