‹ A. de Lamartine, 1790-1847Chapitre 52 sur 164 · LIVRE TROISIEME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIEME

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agréables à l'opinion, et, sous prétexte de sa santé affaiblie par l'âge, il nomme le duc de Calabre, son fils aîné, lieutenant général du royaume et son alter ego, pour supporter tout le poids de la révolution.

Cependant le général Pepe prit la direction des forces militaires et populaires qui existaient encore à Naples et dans les environs, acheva et tempéra le mouvement. Le roi, menacé par l'agitation générale de la ville, proclama d'urgence la constitution d'Espagne, dont il n'existait même pas un exemplaire à Naples. On la proclama de confiance comme l'institution la plus républicaine émanée non du roi, non du peuple, mais d'une armée en insurrection contre le souverain.

Un habile homme, ancien ministre de Murât, le marquis Zurlo, quoique ancien persécuteur des carhonari sous ce règne, fut nommé, par l'injonction des carhonari eux-mêmes, ministre de l'intérieur. Le comte Ricciardi, libéral, éclairé et éloquent; le duc Campo Chiaro, diplomate souple et temporisateur; le général Carascosa, excellent soldat, et le chevalier Macedonio furent investis, avec un assentiment assez universel, des autres

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ministères. La révolution gagna de proche en proche sans résistance.

Le général Pepe, accouru au camp de Salerne, y reçut les adhésions fanatiques des députations des deux royaumes. Il s'entendait avec la cour pour modérer et régulariser l'insurrection morale, avec les carhonari pour la grossir et la diriger. Il résolut témérairement d'amener triompher la secte à Naples en présence du roi, au risque des dangers qui pouvaient en résulter pour la ville et pour la cour. Il y joignit l'armée, toujours discipUnée sous ses ordres, afin d'y constater sa dictature militaire et de montrer au peuple et au roi, réunies dans la même main, la force explosible dans les carbonari et la force répressive dans les troupes. Le roi, n'ayant pu le faire renoncer à ce projet d'entrée triomphale à Naples, ne trouva d'autre moyen de l'enchaîner que de lui décerner le commandement de l'armée tout entière et des gardes civiques. La révolution s'appela dès ce jour-là Tepe.

Ce fut le 9 juillet 1820 que j'arrivai le matin à Naples. Ce fut le même jour, à cinq heures du soir, que je vis entrer cette multitude de carhonari

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