‹ A. de Lamartine, 1790-1847Chapitre 51 sur 164 · LIVRE TROISIÈME l^J · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME l^J

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Pendant ces hésitations, bien naturelles à un pouvoir peu sûr de son armée, et qui craint, en lui clioisissant un chef, de poser le doigt sur un traitre, Carascosa, quoique fidèle, hésitait luimême à attaquer les révoltés.

De Conciliis, commandant d'Avellino. avait été les rejoindre hors de la ville et il était revenu en triomphe, à la tête de l'escadron de xMorelli et des nombreuses bandes de carhonari, au chef-lieu de son commandement. Il y avait été reçu, moitié de peur, moitié de complicité, par l'évêque d'AveUino, par les autorités royales, par les magistrats et par la foule, au cri à la fois inofiensif et révolutionnaire de : « \'ive Dieu! Vive le roi! Vive la constitution! )) Morelli lui avait respectueusement remis le commandement de son escadron et la direction complète du pouvoir qu'il se glorifiait d'avoir commencé et abdiqué au seul nom du patriotisme.

Les provinces circonvoisines de la Basilicate et de la Capitanate s'étant insurgées immédiatement sous l'influence des carhonari, Carascosa n'osait s'avancer contre des populations entières à la tête d'un si faible détachement de troupes

prêtes à l'abandonner lui-même au premier contact avec le camp des insurgés. Tout était indécis et inquiet. Cette suspicion générale donnait du temps à la révolte; chaque heure en grossissait les éléments. Les régiments envoyés de Naples étaient embauchés en arrivant et désertaient pour se joindre à l'armée de Monteforte.

Pepe et Napolitani, deux généraux muratistes, se présentent enfin eux-mêmes à la caserne de la Maddalena, faubourg de Naples, et enlèvent un régiment de cavalerie et quelques compagnies d'infanterie, pour les conduire au-devant de l'armée. A cette nouvelle, une poignée de carbonari forcent la porte du palais du roi et demandent, avec l'autorité de négociateurs, un entretien avec le prince royal. Ils lui imposent la proclamation immédiate de la constitution, le doigt sur l'aiguille de sa montre, et le menacent d'un soulèvement général du peuple, si l'heure désignée s'écoule sans que le roi ait accompli ce qu'on lui conseille. Le vieux marquis de Circello, le ministre de sa confiance, se jette à ses pieds pour le supplier de céder à la nécessité. <c La nation des Deux-Siciles, écrit le roi sous la dictée de ses ministres, ayant manifesté généralement le vœu de jouir d'un gouvernement constitutionnel, de notre pleine volonté nous déclarons y consentir et nous promettons d'en publier les bases dans l'espace de huit jours. » Par un décret simultané, le roi choisit de nouveaux ministres qu'il suppose plus

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