‹ A. de Lamartine par lui-mêmeChapitre 48 sur 142 · LIVRE TROISIÈME l8l · texte numérisé non relu

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sens et de la conformité sans mérite à M. de Fontenay, conformité qui ne me coûtait rien, car, indépendamment de son aimable accueil, de son agréable esprit et de son charmant caractère, c'était le bon sens français dans toute sa gaieté et dans toute sa grâce. J'ai été assez heureux, en 1848, pour le sauver des désastres de sa mauvaise fortune qui l'avaient atteint, au commencement de ses jours avancés, dans une banqueroute enlevant à ses enfants tout l'héritage de leur mère. M"^^ de Fontenay était Anglaise et elle passait pour être la fille naturelle de Charles X.

Le roi de Naples, affranchi, non des soupçons, mais des obstacles que la colère des carbonari voulait opposer à son départ, se hâta de s'embarquer nuitamment sur un vaisseau de guerre anglais, avec la duchesse de Floridia, son épouse, et quelques serviteurs. Ce vaisseau était le Vengeur, qui avait reçu déjà Napoléon fugitif après Waterloo, à Rochefort. Une violente tempête signala cette nuit sinistre. Le Vengeur, en sortant de la rade, fut jeté par les vagues contre un autre vaisseau de l'escadre et subit des avaries qui le mirent en péril de sombrer. On parvint avec

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peine à le conduire dans le porc le plus rapproché de Naples, à Baïa, pour le réparer.

La cour, les autorités, les chefs carbonari euxmêmes, se rendirent le lendemain à bord du Vengeur pour féliciter Ferdinand de son salut. On le pria de descendre à terre pendant les réparations du vaisseau. Il se garda bien d'y consentir. On fut édifié de le voir porter encore, quoique sur un vaisseau étranger, la médaille insigne du carbonarisme attachée à son habit. On en conclut qu'il partait avec l'intention d'accomplir loyalement ses promesses de défendre au congrès la constitution espagnole dont on lui avait confié la garde.

Après que le vaisseau eut remis à la voile, les carbonari parurent se repentir d'avoir rendu la liberté au roi. Ils se répandirent en accusations contre les ministres et contre le général Filangieri, commandant de la garde royale. Filangieri, fier d'avoir fait son devoir et indigné de ces accusations anarchiques, envoya sa démission au duc de Calabre, qui refusa de la recevoir.

Ce soulèvement de parti contre un brave officier illustré sous Murât, aimé de l'armée, estimé

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