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sombre et déjà très lointain, le visage qui est peint en tète de ce livre. Il y a bien des souvenirs, bien des pensées dans cette tète qui s'incline légèrement vers la terre, et une singulière grandeur dans ce regard, qui a perdu son expression ouverte et candide, pour en revêtir une presque dominatrice et bien plus austère.
C'est le corps frêle d'un vieillard épuisé et la physionomie troublante d'un profond sage, qui a beaucoup souffert, beaucoup
2oo A. -F. CALS
pardonné, expié chèrement les bonheurs de son intelligence, et retrouvé toute la confiance, toute la certitude en approchant de la fin d'une vie bien remplie.
Il va mourir et il le sait, et la mort ne le surprend point; il laisse sa fille à l'abri du besoin. Epuisé de fatigue et d'une santé chancelante, il aperçoit encore de ses fenêtres le soleil se coucher sur l'inconnu. Presque jusqu'à sa dernière heure, il travaille, pense, ou contemple ; il est frappé, ou plutôt il est éteint debout.
Ses dernières lettres sont lumineuses et exemptes de tout trouble; il les écrit nettement, et ne tremble un tout petit peu que dans certains moments de souffrance.
L'année qui a précédé sa mort, il a encore retardé son voyage à Paris, pour courir et peindre dans la neige qui le tentait trop, et dont il voulait faire quelques dernières études. Il attend maintenant, et ne cesse de peindre assidûment que dans les trois derniers mois ou à peu près. Le pauvre petit homme gris, d'une main défaillante trace cette phrase « qu'il a retenue, dit-il, de ses années de ferveur, et qui est admirablement bonne : « Paix aux hommes de bonne volonté ! »
Cals meurt le 3 octobre 1880, à l'âge de soixante-dix ans. Cet homme est un de ceux qui ont éprouvé le plus profondément le bonheur de peindre. Son œuvre, peu connue de la foule de son vivant, commence à préoccuper les raffinés, à émouvoir les passants. Pourquoi? Peut-être bien pour la raison exprimée dans cette autre petite phrase, qui est de lui : « Il n'y a pas d'art, là où il n'y a pas de cœur. »
CATALOGUE DES PEINTURES
Nous avons autant que possible rangé chronologiquement les œuvres de Cals. Presque toujours il datait soigneusement ses toiles et panneaux. Aussi, toutes les peintures qui figurent dans la partie chronologique ci-dessous sont-elles datées, et il nous a paru inutile de le mentionner chaque fois. Plusieurs des peintures portées à la partie non chronologique sont datées aussi, mais les indications nous ont manqué. La désignation : « ovale », indique très souvent une coupe chère à Cals, l'ovale horizontal. De même, l'artiste affectionnait l'oblpng aux coins arrondis, qui donne un caractère délicat et précieux aux tableaux.
Enfin, comme indication spéciale, disons que les mots : Col. Doria désignent la collection du comte François Doria, fils du comte Armand, l'ami et protecteur de Cals, dont il est longuement parlé dans ce livre. Lorsqu'il s'agit d'autres membres de la famille, collectionneurs de Cals, le prénom est mentionné.
Paysage, dôme au fond Col. A. Goiin). 19X 1 1 .
Ami malade {Col. H. Rouart). 20x27.
Tète de vieille femme [Col. Doria). 38x46. Pavsage [Col. Doria). 19x18. Panneau daté d'août.
Paysage [Col. Hasard). 16 1 2 <î3.
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Envois au Salon :
Line pauvre femme.
Portrait d'homme.
Portrait de femme.
Femme portant du bois, le soir (Col. Doria). 24x33.
Envois au Salon :
Une pauvre femme.
Jeune femme, étude.
Paysage [Col. Doria*. 35x28.