VIII. BAROMETRES
L'air que nous respirons forme autour de la terre une couche épaisse d'environ cent kilomètres, et que l'on appelle l'atmosphère. Il exerce par son poids, sur la surface du sol et sur tous les corps qui sont en contact avec
is lui, une pression qui ne laisse pas d'être considérable, car elle équivaut à un peu plus de 10,000 kilogrammes par mètre carré de surface. Nos organes, ceux des animaux et des plantes, sont construits de manière à pouvoir supporter, sans se déformer, cette énorme pression ; et, comme
20 elle s'exerce dans tous les sens, elle ne nuit en rien aux mouvements qui s'exécutent dans l'air.
Une expérience des plus curieuses, et qui démontre clairement l'existence de cette pression, fut faite, vers le milieu du dix-septième siècle, en France par Pascal,4 et en
25 Italie par Torricelli,5 élève de Galilée,6 à la même époque et à peu près par les mêmes moyens. Si l'on remplit de mercure un tube de verre fermé à un bout et long d'environ un mètre, puis qu'on7 le bouche avec le doigt et
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qu'on le plonge renversé dans une cuvette contenant aussi du mercure, on voit le liquide descendre et se fixer à une hauteur de 76 centimètres au-dessus du niveau du mercure contenu dans la cuvette. Avec un tube de 11 mètres, plein d'eau, on aurait une colonne de iom,40 de s hauteur. Ce phénomène est dû à la pression que l'atmosphère exerce sur le liquide de la cuvette, et qui tient en équilibre dans le tube une colonne dont le poids produit une pression équivalente. Si le tube était ouvert aux deux bouts, la colonne devrait redescendre dans la cuvette, 10 de telle sorte que1 le niveau fût le même dans le tube et hors du tube, puisque la pression s'exercerait alors sur les deux surfaces. Si le tube plein d'eau avait moins de iom,40, il resterait complètement rempli ; c'est ce qui arrive avec une carafe que l'on plonge dans un baquet plein d'eau 15 et que l'on retourne, le goulot en bas. Mais si on la tire hors du baquet, alors l'air divise la colonne d'eau, monte dans la carafe et en chasse le liquide qui la remplissait, à moins que le goulot ne soit très étroit ou fermé par une feuille de papier ; dans ce cas, l'air ne peut plus diviser le 20 liquide, qui reste soutenu dans le vase.
Le tube long d'un mètre, rempli de mercure, puis dressé verticalement, le bout ouvert plongé dans une cuvette pleine de mercure, est précisément l'instrument connu sous le nom de baromètre, et inventé par Torricelli en 1643. 25
Notre atmosphère est dans un état d'agitation continuelle, dû principalement aux différences de température des divers points de la surface du globe ; aussi dans un même lieu l'air est-il tantôt plus dense, tantôt plus léger; il en résulte dans la pression atmosphérique des variations2 30 que l'on constate par la hauteur plus ou moins grande de la colonne mercurielle dans le baromètre. Quand le
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temps est beau et sec, le baromètre monte, et peut aller jusqu'à 79 centimètres; lorsque, au contraire, le temps est pluvieux ou orageux, le baromètre baisse, souvent d'une manière assez considérable : une violente tourmente, une 5 trombe, font quelquefois descendre subitement la colonne de plusieurs centimètres.
Toutefois le beau ou le mauvais temps ne dépendent pas uniquement du plus ou moins de densité de l'atmosphère; il ne faudrait pas1 toujours accorder une confi-
io ance absolue aux indications du baromètre. Il ne faut en réalité lui demander que la mesure de la pression de l'air.
La mesure de la hauteur barométrique se fait au moyen d'une échelle métrique tracée sur la tablette verticale qui
15 soutient le tube. On inscrit les expressions fixe, beau, variable, pluie ou vent, tempête, vis-à-vis des points de l'échelle qui correspondent le plus habituellement à ces divers états de l'atmosphère.