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MACHINES A VAPEUR IJ

médecin français nommé Denis Papin, né à Blois1 en 1630, qu'il faut rapporter la découverte des principes sur lesquels repose l'emploi de la vapeur comme force motrice.

Nous ne pourrons pas suivre dans tous ses développe- 5 ments cette admirable invention ; nous nous bornerons à en faire comprendre le principe et à en indiquer sommairement les applications.

Que2 l'on se représente un cylindre creux dans lequel peut glisser à frottement un piston qui le partage en deux 10 chambres complètement fermées. Chacune de ces chambres peut communiquer, par des conduits qui débouchent près des deux fonds du cylindre, soit avec une chaudière fournissant de la vapeur dont la force élastique est supérieure à la pression atmosphérique, soit avec un espace 15 froid appelé le condenseur. Quand la chambre supérieure communique avec la chaudière, sa communication avec le condenseur est interceptée, et pendant ce temps l'autre chambre communique avec le condenseur, mais non avec la chaudière. 20

On comprend que la vapeur venue de la chaudière pressera sur la face supérieure du piston, tandis que la vapeur qui est au-dessous ira se condenser dans la chambre froide, d'où résulte sous le piston un vide presque complet. Alors le piston descend jusqu'au bas du cylindre. Par le jeu 25 d'un petit appareil très simple appelé tiroir, et que la machine elle-même met en mouvement, les communications sont immédiatement renversées ; la vapeur arrive maintenant sous le piston, tandis que celle qui était au-dessus va se liquéfier dans le condenseur; alors le piston remonte, 30 et ainsi de suite.

Le piston est muni d'une tige qui traverse dans un

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anneau de cuir le fond supérieur du cylindre. Cette tige porte à sa partie supérieure une bielle, c'est-à-dire une barre de fer analogue à celle qui va, dans un rouet, de la planchette sur laquelle on pose le pied, à la manivelle s de la roue. La bielle joue le même rôle et fait tourner, absolument de la même façon, une grande roue appelée volant, et l'arbre sur lequel elle est montée.

Qu'on se figure le cylindre établi horizontalement avec sa chaudière sur un chariot : la bielle agira par le moyen

io d'une manivelle sur l'un des essieux et le fera tourner. C'est là une locomotive.

Quelquefois la tige, au lieu d'agir immédiatement sur la bielle, agit d'abord sur l'une des branches d'un grand balancier, à l'autre branche duquel est adaptée la bielle.

is Ce balancier fait ordinairement marcher les tiges de diverses pompes destinées à alimenter d'eau froide le condenseur, ou bien à en retirer cette eau après qu'elle s'y est échauffée par la condensation de la vapeur, ou encore à fournir de l'eau chaude à la chaudière.

20 Les machines où la vapeur est amenée avec une forte pression n'ont pas ordinairement de condenseur : la vapeur se condense dans l'air du dehors, avec lequel on la fait communiquer. C'est d'après ce principe que sont construites les locomotives.

2s Dans les bateaux à vapeur, les bielles font tourner un arbre horizontal placé en travers du bateau, et sur les extrémités duquel sont montées deux roues à palettes analogues à celles des moulins à eau. Dans les moulins, c'est la pression de l'eau sur les palettes qui fait tourner la

30 roue. Dans les bateaux à vapeur, c'est au contraire la roue qui en tournant presse sur l'eau et pousse le bateau en avant.

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