LE MICROSCOPE JJ
l'observateur, cette lentille unique grossit l'objet que l'on considère à travers son épaisseur.
L'usage des lentilles grossissantes remonte à une haute antiquité. On reconnut en effet de très bonne heure le phénomène de grossissement que produisent les corps s translucides terminés par des surfaces sphériques. Les ampoules de verre, les globes pleins d'eau et d'autres substances diaphanes et réfringentes, étaient en usage chez les anciens, pour grossir l'écriture et pour graver les camées. Au quatorzième siècle, on employa les 10 loupes, ou verres taillés en forme sphérique, pour les travaux de certaines professions, telles que l'horlogerie, la gravure, etc. C'est avec ces verres taillés que furent construits les premiers microscopes simples qui servirent aux travaux des anatomistes Leuwenhoeck,1 Swammer- 15 dam2 et Lyonnet.3
La loupe sert aujourd'hui aux naturalistes pour observer, avec un faible grossissement, différentes parties des corps des animaux ou des plantes. Les minéralogistes, les physiciens, les chimistes l'emploient à recon- 20 naître la forme des cristaux trop petits pour être discernables à la vue simple.
On a donné pendant quelque temps le nom de microscope de Raspail* au microscope simple, c'est-à-dire à une loupe ou lentille que l'on avait assujettie à une tige, 25 munie elle-même d'un porte-objet, qui pouvait se fixer à différentes hauteurs sur cette tige à l'aide d'une vis. Ce n'était autre chose que le microscope dont s'étaient servis, comme nous venons de le dire, les premiers observateurs, tels que Leuwenhoeck et Swammerdam. 30
Le microscope simple, quels que soient la puissance de réfraction de la lentille et son degré de courbure, ne
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peut amplifier des objets au delà de cinquante fois leur diamètre.
Microscope composé. — Le microscope composé est formé de la réunion de deux lentilles de dimensions iné- 5 gales; la plus petite est l'objectif et la plus grande l'oculaire. C'est celle-ci, comme le dit son nom, qu'on applique vers l'œil, tandis que l'autre est dirigée sur l'objet.
Historique. ■ — Le premier microscope composé fut
io construit, en 1590, par le Hollandais Zacharie Zansz ou Jansen.1 D'autres en font l'honneur2 à Cornélius Drebbel (1572), savant hollandais, auquel on attribue également l'invention du thermomètre.
Le microscope que Jansen présenta, en 1590, à Charles-
15 Albert, archiduc d'Autriche, avait deux mètres de long: il était donc d'un usage assez incommode. Cet instrument fut perfectionné depuis par Galilée3 et par Robert Hooke.4 Mais, pour obtenir des grossissements considérables, il fallait employer des lentilles très fortes,
20 c'est-à-dire réfractant fortement la lumière. Quand les physiciens voulurent amplifier les objets plus de cent cinquante à deux cents fois en diamètre, ils furent arrêtés par un obstacle qui parut insurmontable, et qui retarda la science pendant plus de deux cents ans. Essayons de
25 faire comprendre la nature de cet obstacle.
En même temps que la lumière se réfracte ou est déviée de sa direction, en passant d'un milieu dans un autre, de l'air, par exemple, dans un morceau de cristal, elle subit encore une modification plus profonde : elle se décom-
30 pose en plusieurs espèces de rayons différemment colorés. Dans la lumière blanche ou ordinaire, il y a sept couleurs : le violet, l'indigo, le bleu, le vert, le jaune, l'orangé et