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NOTIONS SUR LE TÉLÉPHONE

d'un tuyau métallique de plusieurs kilomètres de longueur, sans rien perdre de son intensité.

Vers 1837, on découvrit qu'une tige métallique, quand elle est aimantée et désaimantée rapidement, émet des sons, lesquels sont en rapport avec le nombre des émis- s sions des courants qui les déterminent. C'est ce qu'on appela la musique galvanique. Ce fut là le prélude de découvertes sérieuses dans la voie de la téléphonie.

L'auteur de la découverte de la musique galvanique était un physicien américain, le professeur Page.1 10

On sait que les notes de musique dépendent du nombre de vibrations imprimées à l'air, et que les notes ne sont perceptibles par notre oreille que quand le nombre des vibrations surpasse seize par seconde. Page reconnut que si les courants qui parcourent un électro-aimant2 15 sont établis et interrompus plus de seize fois en une seconde, les vibrations sonores transmises à l'atmosphère par le barreau aimanté engendrent des sons, en d'autres termes produisent la musique galvanique. Ce curieux résultat provient de ce que l'air est mis en vibration par 20 le barreau, de fer, qui se déforme chaque fois qu'il reçoit ou perd son aimantation.

De la Rive3 augmenta l'intensité des sons qu'avait su produire Page en employant de longs fils métalliques qui étaient soumis à une certaine tension et qui traversaient 25 l'axe de bobines d'induction entourées d'un fil métallique isolé.

En 1847 et en J852, des vibrateurs électriques furent construits par MM. Froment et Petrina, afin de produire des sons musicaux par le courant électrique. Mais 30 ce fut seulement en 1854 qu'un physicien français, M. Charles Bourseul, vint démontrer la possibilité de

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transmettre la parole à distance, sous l'influence de l'électricité.

Cette idée ne fut pas prise au sérieux par nos savants, mais vingt ans après elle était appliquée en Amérique 5 avec un succès inattendu, et apportait la solution du problème de la transmission des sons à distance.

Vers 1875, on vendait à Paris, pour 50 centimes,1 un appareil grossier, à l'aide duquel on se parlait presque à voix basse,2 à une distance de dix mètres .environ. Cela

10 s'appelait le télégraphe à ficelle, et les savants n'y accordaient aucune attention. Tout se réduisait à deux embouchures en carton, reliées entre elles par une ficelle attachée au fond de chaque embouchure. Ce fond était une membrane de parchemin. Une personne parlait en appli-

15 quant l'une de ces embouchures entre ses lèvres, tandis qu'une seconde personne plaçait l'autre embouchure contre l'oreille, en ayant soin de tenir la ficelle bien tendue. Les paroles étaient ainsi transmises assez facilement. La création du téléphone fut préparée par la construc-

20 tion de quelques appareils, au jeu plus ou moins efficace,3 qui permettaient de transmettre à distance les sons musicaux à l'aide d'un courant électrique établi et interrompu rapidement selon la découverte du professeur Page. Le premier téléphone transportant à distance un air de

25 musique, fut construit, en 1861, par Philippe Reiss,4 physicien allemand. Philippe Reiss disposa un diaphragme de manière que ses vibrations pussent établir et interrompre rapidement un circuit voltaïque.5 Il prenait une caisse en bois, y plaçait le diaphragme en rapport avec

30 le circuit voltaïque et parlait ou chantait devant une embouchure de la caisse. Le son de la voix produisait dans le diaphragme des vibrations rapides, et chacune

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de ces vibrations établissait ou interrompait le contact avec le fil du courant, contact composé d'une pointe de platine. Le courant fourni par une pile était ainsi interrompu à chaque vibration du diaphragme, ce qui donnait autant d'aimantations et de désaimantations d'un 5 électro-aimant1 lié au diaphragme. Tout son produit dans la caisse faisait vibrer le diaphragme et faisait vibrer également l'électro-aimant, lequel reproduisait le son.

Mais cet appareil ne reproduisait que des sons isolés, des sons musicaux. Il ne transportait à distance que de 10 la musique galvanique. Il restait à découvrir la transmission de la parole, c'est-à-dire le téléphone.

C'est à un physicien, anglais d'origine, mais naturalisé américain, M. Graham Bell,2 qu'est due la découverte du téléphone. 15

M. Graham Bell affirme que cette invention a été le résultat de ses longues et patientes études et expériences sur les vibrations sonores. Son père, Alexandre Melville Bell,3 d'Edimbourg, qui avait étudié sérieusement la physique, était parvenu, à ce qu'il nous assure,4 à reproduire 20 artificiellement la disposition du larynx humain. Son fils se joignit à lui, pour continuer ces recherches, en profitant des travaux de M. Helmholtz.5

La construction d'un harmonica électrique à clavier fut le premier résultat de l'application de l'électricité aux 25 instruments d'acoustique. M. Graham Bell voulut ensuite faire rendre des sons au télégraphe électrique Morse6 par l'effet d'un aimant artificiel agissant sur des contacts sonores. Ce système était déjà usité dans la télégraphie; M. Graham Bell voulait l'appliquer à son harmonica 30 électrique, en faisant usage d'appareils renforceurs. Mais cette idée se trouva réalisée presque en même temps par

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plusieurs autres inventeurs, par MM. Paul Lacour,1 de Copenhague, Elisha Gray,2 de Chicago, Edison3 et Varley.4

Dès ce moment, M. Graham Bell s'occupa activement

s de recherches sur les téléphones électriques, en passant des appareils compliqués aux appareils simples. De perfectionnement en perfectionnement il en arriva aux dispositions qui sont actuellement adoptées pour le téléphone. En 1876, on vit à l'Exposition de Philadelphie le pre-

10 mier modèle du téléphone de M. Graham Bell. Cet appareil excita une curiosité générale, comme il est aisé de le comprendre. En effet, il reproduisait véritablement la parole, en approchant seulement l'oreille de l'embouchure. C'était là un véritable miracle de l'acoustique.

15 En 1877, M. Graham Bell démontra, par des expériences publiques, la réalité de sa découverte. Il installa son téléphone à Boston, et en se servant du télégraphe électrique, il put entretenir une conversation avec une personne placée à l'autre extrémité du fil, à Malden,5 à

20 la distance de 9 kilomètres. Un pianiste exécuta à Malden un morceau qui fut entendu à Boston, et une cantatrice fit entendre6 un air, la Dernière rose d'été, qui produisit un grand effet sur l'auditoire de Boston. M. Graham Bell exposa ensuite son appareil à Salem.

25 La distance de cette ville à Boston est de 22 kilomètres. A Boston on entendit très nettement les paroles prononcées par M. Bell à Salem. Pour cela, une personne, à Boston, n'eut qu'à s'approcher du petit appareil, en forme de boîte allongée, au fond duquel les vibrations

30 étaient imprimées par la voix à une armature en fer donnant naissance à des ondes sonores, lesquelles, grâce au fil télégraphique, transportaient à la station d'arrivée

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