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NOTIONS SUR LE TÉLÉPHONE

les mots articulés à fa station du départ. Les assistants de Salem entendirent, quelques instants après, les sons et les paroles envoyés de Boston et firent retentir la salle d'applaudissements enthousiastes.

Le téléphone, tel que M. Graham Bell l'a imaginé, en 5 1877, se compose d'une petite boîte circulaire en bois, portée par un manche également en bois, et contenant un barreau aimanté, lequel peut avancer ou reculer au moyen d'une vis. Une bobine magnétique est fixée à l'extrémité libre du barreau. Les bouts du fil de cette bobine 10 aboutissent à l'extrémité inférieure du manche, par deux tiges de cuivre, qui traversent le manche dans toute sa longueur, pour venir se relier à deux boutons d'attache1 où sont fixés les fils du circuit.

La lame vibrante est en fer, revêtu d'étain. Elle est 15 placée au-dessus de l'extrémité polaire du barreau aimanté. Sa forme est celle d'un disque dont les bords sont appuyés sur une bague en caoutchouc, qui le fixe fortement sur le contour de la boîte, laquelle est formée de deux parties s'ajustant l'une sur l'autre. La lame vi- 20 brante doit être le plus près possible de l'extrémité de l'aimant, mais pas assez pour entrer en contact2 avec lui sous l'action des vibrations de la voix.

Quand on parle dans l'embouchure, les vibrations résultant de l'émission de la voix provoquent dans la lame 25 de fer des vibrations correspondantes. Les mouvements de cette lame font naître dans la bobine des courants semblables, lesquels se transportent le long du conducteur, et s'écoulent par les fils conducteurs.

L'appareil que nous venons de décrire est le transmet- 30 teur. Un autre appareil, en tout semblable, est placé à la station où l'on veut transmettre le son. Ce dernier

appareil, qu'on nomme le récepteur, reçoit des impressions vibratoires identiques à celles qu'a déterminées la voix à la station du départ et ces mêmes vibrations sonores reproduisent les paroles prononcées dans le transs metteur.

Ces deux appareils forment un circuit fermé avec les deux fils qui les relient, mais un seul fil suffit pour opérer la transmission, si l'on fait communiquer les deux appareils avec la terre.

10 Peu d'inventions modernes se sont répandues avec autant de promptitude et sont entrées aussi rapidement dans la pratique que le téléphone. C?est en 1876, avonsnous dit, que le premier téléphone fit son apparition à Philadelphie. Cinq années à peine après son invention,

15 le téléphone était déjà mis en usage en Amérique; et, en 1882, la France, l'Angleterre et presque tout le continent européen établissaient dans les villes principales une correspondance au moyen du téléphone.

La téléphonie avait un dernier pas à franchir. Il fallait

20 envoyer la parole à de grandes distances, c'est-à-dire d'une ville à une' autre très éloignée. Ce dernier progrès a été réalisé. En 1886, une correspondance téléphonique a été établie de Bruxelles1 à Paris, puis de Bruxelles à Berlin. Reims,2 Rouen3 et le Havre4 ont été mis en com-

25 munication avec Paris, en 1887, par une ligne téléphonique.

Pour établir une ligne téléphonique, on tend, d'une ville à l'autre, un fil composé d'un alliage très conducteur5 de l'électricité et très résistant : le bronze siliceux,6 c'est-à-

30 dire le bronze allié à une certaine quantité du métal connu sous le nom de silicium, radical de la silice.

Un fil de bronze siliceux a été tendu le long des lignes

l'automobile 185

ferrées1 de Bruxelles à Paris, de Bruxelles à Berlin, etc., sur des supports particuliers, distants des supports des fils du télégraphe électrique; et comme les courants qui parcourent les conducteurs télégraphiques influent et troublent les courants téléphoniques, on a eu le soin de placer le fil téléphonique à un éloignement des fils de télégraphie électrique suffisant pour qu'aucune influence perturbatrice ne soit exercée de l'un à l'autre.

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