‹ A French reader, based upon Passy-Rambeau's Chrestomathie française;Chapitre 2 sur 72 · UN OISEAU INTELLIGENT · texte numérisé non relu

UN OISEAU INTELLIGENT

peine à se soutenir, et, peu à peu, ses ailes battaient plus lentement, et il retombait vers la terre.

Il allait presque la toucher, quand il aperçoit, 5 juste au-dessous de lui, une bouteille avec un peu d'eau dedans. C'était la vie, si le petit oiseau avait pu la boire. Mais comment faire? L'eau n'arrivait pas jusqu'au goulot; le goulot était trop petit pour y enfoncer la tête; et le petit

io oiseau n'était pas assez fort pour renverser la bouteille, ou pour la casser avec son bec. Pauvre petit oiseau! Il regardait l'eau à travers le verre, et ça lui donnait encore plus soif, de la voir si près, et de ne pas pouvoir y tremper son

15 bec. Il était tout triste aussi en pensant qu'il ne reverrait plus ses pauvres petits ; car il sentait bien qu'il était trop faible maintenant pour retourner jusqu'au nid. Il n'y avait plus qu'une chose à faire : se cacher ous une motte de terre,

20 à l'abri du soleil, et attendre la mort.

Tout d'un coup, le petit oiseau a une bonne idée : il y avait là, tout autour de lui, une quantité de petites pierres; il en prend une avec son bec, il la porte auprès de la bouteille, et il la laisse

25 glisser dans le goulot ; la pierre tombe au fond de l'eau, et l'eau monte un peu dans la bouteille. Le petit oiseau prend une seconde pierre, il la jette encore dans la bouteille, et l'eau monte encore un peu. Il en jette une troisième, et

30 puis une quatrième, et il continue comme ça à

jeter des (de) petites pierres dans l'eau, et l'eau continue à monter dans la bouteille, jusqu'à ce qu'enfin elle arrive au goulot. Alors le petit oiseau y plonge son bec, prend une goutte d'eau, relève la tête, et boit avec délice. Elle devait 5 être bien chaude, cette eau, qui était là, au grand soleil, depuis le matin. Mais comme elle lui paraissait bonne! Et comme il sentait la vie et la force lui revenir à mesure qu'il buvait!

C'était probablement un pique-nique qui avait 10 laissé là cette bouteille ; car tout autour, il y avait des papiers gras, des coques d'œufs, des miettes de pain. De sorte que le petit oiseau, . après avoir bu, pouvait manger.

Mais ce n'était pas tout de boire et de manger. 15 Il fallait encore porter à ses petits de quoi boire et manger. Comment faire? Le petit oiseau, — pas bête, — prend dans son bec quelques miettes de pain, trempe son bec dans l'eau, le remplit autant que possible, et revole bien vite à son nid. 2°

Ses petits l'attendaient tout haletants, le bec ouvert, les ailes écartées, presque morts de soif. Tout d'un coup ils voient leur maman qui arrive en volant, en volant de toute sa force, qui se perche sur le bord du nid, et qui leur tend25 son bec plein de pain trempé. Quel bonheur! Comme ils se jettent dessus! Comme ils se disputent ! Comme ils avalent ce bon pain que leur maman leur apporte!

Mais ce n'était rien, une bouchée, pour quatre 30

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