‹ A key to the exercises in Ollendorff's new method of learning to read, write, and speak the French languageChapitre 104 sur 107 · EXERCISES CCXLII, CCXLIII · texte numérisé non relu

EXERCISES CCXLII, CCXLIII

242* — Deux cefU-quarante-deuxtètne Thème.

Où irez-vous l'année prochaine ? — J'irai en Angleterre, cal c'est un beau royaume, où je compte passer Tété à mon retour de France. — Où irez-vous l'hiver? — J'irai en Italie et de là aux Indes occidentales ; mais avant cela, il faut que j'aille en Hollande prendre congé de mes amis. — Quel pays ces peuples habitent-ils ? — Ils habiteût le midi de l'Europe ; leurs pays s'appellent l'Italie, l'Espagne et le Portugal, et eux-mêmes sont Italiens, Espagnols et Portugais ; mais les peuples qu'on appelle les Russes, les Suédois et les Polonais habitent le nord de l'Europe, et les noms de leurs pays sont la Russie, la Suède et la Pologne. La France est séparée de l'Italie par les Alpes, et de l'Espagne par les Pyrénées. — Quoique l'usage du vin soit défendu aux Mahométans, quelques-uns d'entre eux ne laissent pas d'en boire. — Monsieur votre frère a-t-il mangé quelque chose ce matin? — Il a beaucoup mangé; bien qu'il ait dit qu'il n'avait pas bon appétit, il n'a pas laissé de manger toute la viande, tout le pain et tous les légumes, et de boire tout le vin, toute la bière et tout le cidre. — Les œufs sont-ils chers à présent ? — Ils se vendent six francs le cent. — Aimezvous le raisin ? — J'aime non seulement le raisin, mais aussi les prunes, les amandes, les noix et toute espèce de fruits. — Bien que la modestie, la candeur et l'amabilité soient des qualités précieuses, il y a cependant des dames qui ne sont ni modestes, ni candides, ni aimables. — La crainte de la mort et l'amour de la vie étant naturels à l'homme, on doit fuir le vice et s'attacher à la vertu.

243» — Deux cent-quarante-troisième Thème.

Voulez-vous prendre une tasse de café ? — Je vous remercie, je n'aime pas le café. — Alors vous prendrez un verre de vin ? — Je viens d'en boire. — Allons faire un tour dq, promenade. — Je le veux bien ; mais où irons-nous ? — Venez avec moi au jarlin de ma tante, nous y trouverons une société très-agréable. — Je le crois bien ; mais c'est à savoir si cette agréable société

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voudra de moi. — Vous êtes partout le bienvenu. — -Qu'avez vous, mon ami 1 — Comment trouvez-vous ce vin ? — Je le trouve excellent; mais j'en ai bu suffisamment. — Buvez encore un coup. - — Non, trop est malsain ; je connais mon tempérament. — Ne tombez pas. Qu'âvez-vous ? — Je ne sais, mais la tête me tourne ; je crois que je tombe en défaillance. — Je le crois aussi, car vous avez presque l'air d'un mort. — De "quel pays êtes-vous ? — Je suis Anglais. — Vous parlez si bien le français que je vous ai pris pour un Français de nation. — Vous plaisantez.— Pardonnez-moi, je ne plaisante pas du tout. Combien de temps y a-t-il que vous êtes en France ? — Il y a quelques jours. — Sérieusement ? — Vous en doutez peut-être, parce que je parle français ; je le savais avant vie venir en France.— Comment l'avez-vous appris si bien ? — J'ai fait comme le sansonnet prudent.

Dites-moi pourquoi vous êtes toujours en discorde avec votre femme ? et pourquoi vous vous occupez de métiers inutiles ? On a tant de peine à obtenir un emploi ; vous en avez un bon et vous le négligez. Ne songez-vous pas à l'avenir ? — Maintenant laissez-moi parler à mon tour. Tout ce que vous venez de dire paraît raisonnable, mais ce n'est pas ma faute, si j'ai perdu ma réputation ; c'est la faute de ma femme : elle a vendu mes plus beaux habits, mes bagues, et ma montre en or. Je suis chargé de dettes, et je ne sais que faire. — Je ne veux pas justifier votre femme ; mais je sais que vous avez aussi contribué à votre perte. Les femmes sont généralement bonnes, quand on les laisse bonnes.

244» — Deux cent-quarante-quatrième Thème.

Dialogue.

Le Professeur. Si je vous posais maintenant des questions, comme je vous en ai posé au commencement de nos leçons, telles que : Avez-vous le chapeau qu'a mon frère ? ai-je faim ? a-t-il l'arbre du jardin de mon frère ? etc. ; que répondriezvous ?

Les élèves. Nous sommes forcés d'avouer que nou3 avons d'abord trouvé ces questions tant soit peu ridicules ; mais pleins

de confiance en votre méthode, nous y avons répondu aussi bien que la petite provision de mots et de principes que nous avions alors pouvait nous le permettre. En effet nous n'avons pas tardé à nous apercevoir que ces questions étaient calculées pour nous inculquer les principes et nous exercer à la conversation par les réponses contradictoires que nous étions forcés d'y faire. Mais maintenant que nous savons presque soutenir une conversation dans la belle langue que vous nous enseignez, nous vous répondrions : Il est impossible que nous ayons le même chapeau qu'a votre frère ; car deux personnes ne sauraient avoir une seule et même chose. A la seconde question nous répondrions, qu'il est impossible que nous sachions si vous avez faim ou non. Quant à la dernière, nous dirions : qu'il y a plus d'un arbre dans un jardin, et quand vous nous demandez s'il a l'arbre du jardin, la phrase ne nous paraît pas logiquement correcte. En tout cas nous serions des ingrats, si nous laissions échapper une si belle occasion, sans vous témoigner la reconnaissance la plus vive des peines que vous avez prises. En arrangeant ces sages combinaisons vous avez réussi à nous inculquer presque imperceptiblement les principes de la langue et à nous exercer sur la conversation. Enseignée de toute autre manière, cette langue présente aux étrangers, et même aux hommes nés dans le pays, des difficultés presque insurmontables.

245» — Deux cent-quarante-cinquième Thème.

Voulez-vous manger avec moi ? — Bien obligé ; un de meb amis m'a invité à dîner ; il a fait préparer mon mets favori.— Quel mets est-ce ? — C'est du laitage. — Pour moi je n'aime pas le laitage ; il n'y a rien de tel qu'un bon morceau de bœuf ou de veau rôti. — Qu'est devenu votre frère cadet ? — Il a fait naufrage en allant en Amérique. — Racontez-moi donc cela. — Trèsvolontiers. Comme on était en pleine mer il survint une grande tempête. La foudre tomba sur le vaisseau et le mit en feu. L'équipage se jeta dans la mer, pour se sauver à la nage. Mon frère ne savait quel parti prendre, n'ayant jamais appris fi nager. Il avait beau rêver; il ne trouvait aucun moyen de

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sauver sa vie. Il fut saisi de frayeur, voyant que le feu gagnait de tous côtés. Il ne balança plus, et se jeta dans la mer. — Eh bien, qu'est-il devenu? — Je n'en sais rien, n'ayant pas encore eu de ses nouvelles. — Mais qui vous a dit tout cela î— Mon neveu qui était présent et qui s'est sauvé. — A propos de votre neveu, où est-il actuellement ? — Il est en Italie. — Y a-t-il long-temps que vous n'avez eu de ses nouvelles ? — J'ai reçu une lettre de lui aujourd'hui. — Que vous écrit-il ? — Il m'écrit qu'il épouse une demoiselle qui lui apporte cent mille écus. — Est-elle belle ? — Belle comme un ange ; c'est un chef d'œuvre de la nature. Sa physionomie est douce et pleine d'expression ; ses yeux sont les plus beaux du monde et sa bouche est mignonne. Elle n'est ni trop grande ni trop petite : sa taille est svelte ; toutes ses actions sont pleines de grâce et ses manières fort engageantes. Son aspect inspire du respect et de l'admiration. Elle a aussi beaucoup d'esprit ; elle parle plusieurs langues, danse supérieurement bien et chante à ravir. Mon neveu ne lui trouve qu'un défaut. — Et quel est ce défaut ? — Elle a des prétentions. — Il n'y a rien de parfait au monde. — Que vous êtes heureux ! vous êtes riche, vous avez une bonne femme, de jolis enfants, une belle maison et tout ce que vous désirez. — Pas tout, mon ami. — Que désirez-vous donc encore ? — Le contentement : car vous savez que celui-là seul est heureux qui est content.

246» — Deux cent-quarante-sixième Thème.

L'empereur Charles-Quint étant un jour à la chasse se perdit dans la forêt, et étant arrivé à une maison, il y entra pour se rafraîchir. Il s'y trouvait quatre hommes qui faisaient semblant de dormir. L'un d'eux se leva, et s'approchant de l'empereur, il lui dit qu'il avait rêvé qu'il lui prendrait sa montre, et il la prit. Ensuite un autre se leva et lui dit qu'il avait rêvé que son surtout l'accommoderait à ravir, et il le prit. Le troisième lui prit sa bourse. Enfin le quatrième s'avance ei lui dit : " J'espère que vous ne vous fâcherez pas si je vous fouille," et en le faisant il aperçut au cou de l'empereur une petite chaine d'or, à laquelle était attaché un sifflet qu'il voulut

hii voler. Mais l'empereur lui dit : " Mon bon ami, avant do me privei de ce bijou, il faut que je vous en apprenne la vertu." En disant cela il siffla. Ses gens qui le cherchaient accoururent vers la maison et furent frappés d'étonnement de voir sa majesté dans un pareil état. Mais l'empereur, se voyant hors de danger, dit : " Yoici des hommes qui ont rêvé tout ce qu'ils voulaient. Je veux à mon tour rêver aussi," et après avoir rêvé quelques secondes, il dit: "J'ai rêve que tous quatre vous méritiez d'être pendus." Ce qui fut aussitôt dit qu'exécuté devant la maison.

Un roi faisant un jour son entrée dans une ville à deux heures de l'après-midi, le sénat lui envoya des députés pour le complimenter. Celui qui devait porter la parole commença ainsi : " Alexandre le Grand, le grand Alexandre," et demeura court. Le roi, qui avait grand' faim, dit: "Hé, mon ami, Alexandre le Grand avait dîné, et moi je suis encore à jeun." Ayant dit cela, il continua son chemin vers l'hôtel de ville, où on avait préparé pour lui un dîner magnifique.

247* — Deux cent-quarante-septième Thème.

Un bon vieillard, étant fort malade, fit appeler son épouse qui était encore fort jeune et lui dit : " Ma chère, vous voyez que ma dernière heure s'approche, et que je suis forcé de vous quitter. C'est pourquoi, si vous voulez que je meure en paix, il faut que vous me fassiez une grâce. Vous êtes encore jeune, et sans doute vous vous remarierez, je le sais ; mais je vous prie de ne pas prendre M. Louis : car j'avoue que j'ai toujours été très-jaloux de lui, et que je le suis encore. Je mourrais donc désespéré, si vous ne me promettiez pas cela." La femme répondit : " Mon cœur, je vous supplie, que cela ne vous empêche pas de mourir en paix ; car je vous assure que quand même je voudrais l'épouser je ne le pourrais pas, étant déjà promise à un autre."

Frédéric le Grand était dans l'habitude, toutes les fois qu'un soldat entrait dans sa garde, de lui faire trois questions ; savoir : " Quel âge avez-vous ?" " Combien de temps y a-t-il que vous êtes à mon service ?" " Etes-vous content de votre

paie et de votre traitement ?" Il arriva qu'un jeune soldat, né en France, qui avait servi dans son pays, désira d'entrer au service de la Prusse. Sa mine le fit accepter sur le champ ; mais il ignorait complètement la langue allemande; et son capitaine après l'avoir averti que le roi le questionnerait dans cette langue la première fois qu'il le verrait, lui conseilla en même temps d'apprendre par cœur les trois réponses qu'il devait faire. En conséquence il les apprît le jour suivant ; et sitôt qu'il parut dans les rangs, Frédéric s'avança pour l'interroger: mais le hasard voulut que cette fois il commençât par lu seconde question, et lui demandât, " Combien y a-t-il de temps que vous êtes à mon service ?" " Vingt et un ans !" répondait le soldat. Le roi, frappé de sa jeunesse, qui marquait clairement qu'il n'y avait pas si long-temps qu'il portait le mousquet, lui dit fort étonné : " Quel âge avez-vous ?" " Un an, n'en déplaise à votre majesté." Frédéric, encore plus étonné, s'écria, " Vous ou moi nous devons certainement avoir perdu l'esprit." Le soldat, qui prit cela pour la troisième question, répondit avec aplomb : " L'un et l'autre, n'en déplaise à votre majesté."

248» — Deux cent-quarante-huitième Thème.

Un homme avait deux fils : l'un aimait à dormir la grasse matinée, et l'autre était très-laborieux, et se levait toujours de très-bonne heure. Celui-ci étant un jour sorti de grand matin, trouva une bourse remplie d'argent. Il courut à son frère lui faire part de sa bonne fortune, et lui dit : " Voyez-vous, Louis, ce qu'on gagne à se lever de bonne heure ?" " Ma foi," répondit son frère, " si celui à qui elle appartient ne s'était pas levé de meilleure heure que moi, il ne l'aurait pas perdue."

On demandait à un jeune fainéant, ce qui le faisait rester au lit si long-temps. " Je suis occupé," dit-il, " à tenir conseil tous les matins. Le travail me conseille de me lever, la paresse de rester couché ; et ils me donnent ainsi vingt raisons pour et contre. C'est à uni d'entendre ce qu'on dit des deux parts ; et à peine la cause est-elle entendue que le dîner est prêt."

On raconte un beau trait d'une grande dame : interrogée où

était son époux, qui s'était caché, pour avoir trempé dans une conspiration, elle répondit courageusement, qu'elle Pavait caché. Cet aveu l'ayant amenée devant le roi, ce prince lui dit qu'elle ne pouvait échapper à la torture qu'en découvrant la retraite de son époux. " Et cela suffira-t-il ?" dit la dame. " Oui," dit le roi, "je vous en donne ma parole." " Eh bien," dit-elle, "je l'ai caché dans mon cœur où vous le trouverez." Cette réponse admirable charma ses ennemis.

249» — Deux cent-quarante-neuvième Thème.

Cornélie, l'illustre mère des Gracques, après la mort de sou époux, qui lui laissa douze enfants, se voua au soin de sa famille avec une sagesse et une prudence qui lui acquirent l'estime universelle. Trois seulement d'entre les douze parvinrent à l'âge mûr; une fille, Sempronie, qu'elle maria au second Scipion l'Africain, et deux fils,Tibérius et Caius, qu'elle éleva avec un soin particulier ; et bien qu'on sût généralement qu'ils étaient nés avec les plus heureuses dispositions, on jugeait qu'ils étaient encore plus redevables à l'éducation qu'à la nature. La réponse qu'elle fit à une dame de Campanie à leur sujet est très-fameuse, et renferme de grandes instructions pour les dames et pour les mères.

Cette dame, qui était très-riche, et passionée pour le faste et l'éclat, avait étalé ses diamants, ses perles et ses joyaux les plus précieux, et elle engageait , sérieusement Cornélie à lui faire voir aussi ses joyaux. Cornélie changea adroitement la conversation, pour attendre le retour de ses fils qui étaient allés aux écoles publiques. Comme ils rentraient et arrivaient dans l'appartement de leur mère, elle dit à la dame de Campanie, en les lui montrant : " Voici mes joyaux et la seule parure que je prise." Et une telle parure, qui est la force et le soutien de la société, ajoute un plus grand lustre à la beauté que tous les joyaux de l'Orient.

250«— Deux cent-cinquantième Thème.

Politesse.

Lorsque le comte de Stair était à la cour de Louis XIV. : ses manièies, sa dextérité, et sa conversation le mirent fort avant dans l'estime et l'amitié de ce monarque. Un jour, dans un cercle de ses courtisans, le roi, parlant des avantages d'une bonne éducation et de manières engageantes, proposa de parier qu'il nommerait un gentilhomme anglais surpassant à cet égard tous les Français de sa cour. La gageure fut acceptée par plaisanterie, et sa majesté devait faire choix du temps et du lieu propres à cette expérience.

Afin de détourner les soupçons, le roi laissa tomber le propoc pour quelques mois, le temps de laisser croire qu'il l'avait oublié ; ce fut alors qu'il eut recours au stratagème suivant. Il désigna lord Stair et deux des gentilshommes les plus polis de la cour, pour l'accompagner à la promenade à l'issue du grand lever; en conséquence le roi descendit par le grand escalier de Versailles, suivi de ces trois seigneurs. Arrivé, au carrosse, au lieu de passer le premier, comme c'était l'usage, il fit signe aux seigneurs français de monter ; ceux-ci, à cette cérémonie inaccoutumée, reculèrent pour refuser humblement un tel honneur. Alorsje roi fit signe à lord Stair, qui s'inclina et monta sur le champ dans le carrosse ; le roi et les seigneurs français l'y suivirent.

Dès qu'ils eurent pris place, le roi s'écria : " Eh bien, Mea. sieurs, je crois que vous avouerez que j'ai gagné mon pari." " Sire, comment cela ?" " Comment ?" continua le roi, " quand j'ai voulu que vous montassiez dans le carrosse vous l'avez refusé ; mais cet étranger poli (désignant lord Stair) n'eut pas plutôt reçu les ordres d'un roi, qui pourtant n'est pas son sou. verain, qu'il obéit à l'instant." Les courtisans baissèrent la tête de confusion, et ils avouèrent que sa majesté avait raison.

251*— D*"* cent-cinquante et unième Thème.

Douceur,

La douceur du caractère de Sir Isaac Newton, pendant le oours de sa vie, excita l'admiration de tous ceux qui le connurent, mais dans aucun cas peut-être plus que dans le suivant. Sir Isaac avait un petit chien favori, qu'il appelait Diamant ; un jour étant obligé de passer de son cabinet dans la chambre voisine, il laissa Diamant seul. Quand Sir Isaac rentra, après une absence de quelques minutes seulement, il trouva à son grand déplaisir que Diamant avait renversé une chandelle allumée au milieu de papiers ; et le travail presque terminé de tant d'années était en flammes et presque réduit en cendres. Sir Isaac se faisant déjà très-vieux, cette perte était irréparable ; cependant, sans même frapper le chien, il se contenta de le reprendre par cette exclamation: "Oh! Diamant! Diamant! tu sais peu le mal que tu as fait."

Zeuxis entra en rivalité au sujet de son art avec Parrhasius. • Il peignit des raisins avec une telle vérité, que des oiseaux vinrent les becqueter. L'autre traça un rideau si ressemblant, que Zeuxis dit en entrant, " Levez le rideau que nous voyions ce morceau." Et reconnaissant son erreur: "Parrhasius," lui dit-il, " tu remportes. Je n'ai trompé que des oiseaux et toi un artiste lui-même."

Zeuxis peignit un petit garçon portant des raisins ; les oiseaux vinrent encoro et becquetèrent. Quelques-uns applaudissaient ; mais Zeuxis courut en fureur au tableau en disant : " Il faut que mon enfant soit bien mal peint."

Les habitants d'une grande ville offrirent au Maréchal de Turenne cent mille écus, à condition qu'il changerait de route et ne ferait point passer ses troupes par leur ville. Il leur répondit : " Comme votre ville n'est pas sur la route que je compte prendre, je ne puis accepter l'argent que vous m'offrez."

Un caporal des gardes-du-corps de Frédéric le Grand, qui avait beaucoup de vanité, mais qui en même temps était brave, portait une chaine de montre à laquelle il attacha une balle de mousquet, au lieu d'une montre qu'il n'avait pas les moyens

d'acheter. Le roi, étant un jour en humeur de le railler, lui dit : " A propos, caporal, il faut que vous ayez été bien sobre pour acheter une montre : il est six heures à la mienne ; ditesmoi quelle heure il e$t à la vôtre ?" Le soldat, qui pénétrait l'intention du roi, tira sur le champ la balle de son gousset et lui dit : " Ma montre ne marque ni cinq heures ni six, mais elle me dit à chaque instant que c'est mon devoir de mourir pour votre majesté." " Tiens, mon ami," dit le roi, tout pénétré, " prends cette montre, afin de pouvoir dire aussi l'heure." Et il lui donna sa montre, qui était ornée de brillants.

252» — Deux cent-cinquante-deuxtème Thème.

Histoire de Jean et de Marie.

Il y avait un marchand qui était allé dans les Indes avec sa femme. Il y gagna beaucoup d'argent, et au bout de quelques années, il s'embarqua pour revenir en France, d'où il était. Il avait un fils et une fille. Le garçon âgé de quatre ans se nommait Jean, et la fille, qui n'en avait que trois, s'appellait Marie. Quand ils furent à moitié chemin, il survint une grande tempête, et le pilote déclara qu'ils étaient en grand danger, parce que le vent les poussait vers des îles, où leur vaisseau se briserait infailliblement. Le pauvre marchand, ayant entendu cela, prit une grande planche et lia dessus fortement sa femme et ses deux enfants ; il allait s'y attacher aussi, mais il n'en eut pas lé temps ; car le vaisseau toucha contre un rocher, s'ouvrit, et tous ceux qui étaient dedans tombèrent dans la mer. La planche, sur laquelle étaient la femme et les deux enfants, se soutint sur la mer comme un petit bateau, et le vent la poussa sur une île. Alors la femme détacha les cordes, et prit terre dans cette île avec ses deux enfants.

A peine en lieu de sûreté la première chose qu'elle fit, fut de se mettre à genoux pour remercier Dieu de l'avoir sauvée. Elle était bien affligée d'avoir perdu son mari, et pensait aussi qu'elle et ses enfants mourraient de faim dans cette île, ou qu'ils seraient dévorés par les bêtes sauvages. Elle marchait depuis quelque temps pleine de ces tristes pensées, lorsqu'elle aperçut plusieurs arbres chargés de fruits : elle prit un bâton,

en fit tomber quelques-uns, qu'elle donna à ses petits enfants, et en mangea elle-même. Ensuite s'étant aventurée plus loin, pour voir si elle ne découvrirait point quelque cabane, elle reconnut, à son grand désespoir, qu'elle, était dans une île déserte. Cependant elle avait trouvé dans son chemin un grand arbre qui était creux, et elle résolut d'y passer la nuit. Elle y coucha donc avec ses enfants, et le lendemain elle avança encore dans l'île autant qu'ils purent marcher. Elle avait découvert aussi dans son chemin des nids d'oiseaux, dont elle prit les œufs. Enfin voyant qu'elle ne trouvait ni hommes ni mauvaises bêtes, elle résolut de se soumettre à la volonté de Dieu, et de faire son possible pour bien élever ses enfants. Elle avait dans sa poche un évangile et un livre de prière : elle s'en servit pour leur apprendre à lire, et pour leur enseigner à connaître le bon Dieu. Un jour le petit garçcn lui dit: " Ma mère, où est donc mon papa ?" " Mon cher enfant," lui répondit cette pauvre femme en pleurant, " votre papa est allé dans le ciel ; mais vous avez un autre père, qui est le bon Dieu. Il est ici quoique vous ne le voyiez pas : c'est lui qui nous envoie des fruits et des œufs ; et il aura soin de nous tant que nous l'aimerons de tout notre cœur et que nous le servirons." Quand ces petits enfants surent lire, ils lisaient avec bien du plaisir tout ce qui était dans leurs livres, et ils en parlaient toute la journée. D'ailleurs ils étaient fort bons, et fort obéis, sants à leur mère.

Au bout de deux ans cette pauvre femme tomba malade» et sentant que sa mort approchait, elle fut d'abord bien inquiète pour ses pauvres enfants ; mais à la fin elle pensa que Dieu, qui était si bon, en aurait soin. Elle était couchée dans le creux de son arbre, et ayant appelé ses enfants, elle leur dit : "Je vais bientôt mourir, mes chers enfants, et vous n'aurez plus de mère. Souvenez- vous pourtant que vous ne serez pas tout seuls, et que le bon Dieu verra tout ce que vous ferez. Ne manquez jamais à le prier matin et soir. Vous, mon cher Jean, ayez bien soin de votre sœur ; ne la grondez point, ne la battez jamais ; vous êtes plus grand et plus fort qu'elle ; vous irez lui chercher des œufs et des fruits." Elle voulait dire aussi quelque chose à Marie; mais elle n'en eut pas le temps: elle mourut

Ces pauvres enfants ne comprenaient point ce que leur mère roulait leur dire, car ils ne savaient pas ce que c'était que d* mourir. Quand elle fut morte, ils crurent qu'elle dormait, et us n'osaient faire du bruit, de peur de la réveiller. Jean alla unercher des fruits, et quand ils eurent soupe, ils se couchèrent a côte de l'arbre, et s'endormirent tous deux. Le lendemain matin ils furent fort étonnés de ce que leur mère dormait encore, et vinrent la tirer par le bras pour la réveiller. Comme ils virent qu'elle ne leur répondait pas, ils crurent qu'elle, était tachée contre eux, et se mirent à pleurer, lui demandèrent pardon, et lui promirent d'être bien sages. lis eurent beau faire : ia pauvre femme ne pouvait plus leur"répondre. Ils restèrent là pendant plusieurs jours, jusqu'à ce que le corps commençât à se décomposer. Un matin Marie se mit à jeter de grands cris, et dit à Jean: "Ah! mon frère, voilà des vers qui mangent notre pauvre maman : il faut les arracher ; venez m'aider." Jean s'approcha ; mais ce corps exhalait une odeur si forte, qu'ils ne purent rester là, et furent contraints d'aller chercher un autre arbre pour y coucher.

Ces deux enfants ne manquèrent jamais à prier Dieu ; ils lisaient si souvent leurs livres qu'ils les savaient par cœur. Quand ils avaient bien lu, ils se promenaient, ou bien ils s'asseyaient sur l'herbe et causaient entr'eux. Un jour Jean, dit à sa sœur: " Je me souviens, quand j 'était bien petit, d'avoir été dans un lieu où il y avait de grandes maisons et beaucoup d'hommes ; mon père avait beaucoup de valets ; nous avions aussi de beaux habits. Tout d'un coup papa nous a mis dans une maison qui allait sur l'eau, et puis, tout d'un .coup, il nous a attachés à une planche, et a été tout au fond de la mer,, d'où il n'est pas revenu, et notre chère mère a dit qu'il était maintenant dans le ciel." " Cela est bien singulier," répondit Marie ; " mais enfin, puisque cela est arrivé, c'est que Dieu Va voulu ; car vous savez bien, mon frère, qu'il est tout-puissant."

Jean et Marie restèrent onze ans dans cette île.. Un jouî qu'ils étaient assis au bord de la mer, ils virent venir dans un bateau plusieurs hommes noirs. D'abord Marie eut peur et voulait se sauver mais Jean lui dit : " Restons, ma sœur ; ne savez-vous pas bien que notre père le bon Dieu est ici, et qu'il

empêcheia ces hommes de nous faire du mal." Ces hommes noirs étant descendus à terre, furent surpris de voir ces enfants, qui étaient d'une autre couleur qu'eux. Ils les environnèrent et leur parlèrent ; ce fut inutilement, car ces enfants n'entendaient pas leur langage. Jean mena ces sauvages à l'endroit où étaient les os de sa mère, et leur conta comment elle était morte ; mais ils ne l'entendaient pas non plus. Enfin les noirs leur montrèrent leur petit bateau, et leur firent signe d'y entrer, u Je n'ose," disait Marie; "ces gens-là me font peur;" mais son frère la rassura.

Ils entrèrent donc dans le bateau qui les conduisit dans une île peu éloignée et habitée par des sauvages. Tous ces sauvages les reçurent fort bien : leur roi ne pouvait se lasser de regarder Marie, et il mettait souvent la main sur son cœur, pour lui marquer qu'il l'aimait. Marie et Jean ne tardèrent pas à parler la langue de ces sauvages, et à être au fait de tout ce qui les concernait. Jean reconnut bientôt qu'ils faisaient la guerre à des peuples habitant les îles voisines, qu'ils mangeaient leurs prisonniers, et qu'ils adoraient un grand vilain singe qui avait plusieurs sauvages pour le servir, en sorte que les deux enfants étaient bien fâchés d'être venus demeurer chez ces méchantes gens. Cependant le roi voulait absolument épouser Marie, qui disait à son frère: "J'aimerais mieux mourir que d'être la femme de cet homme-là." "C'est parce qu'il est bien laid que vous ne l'épouserez pas ?" disait Jean. " Non, mon frère," lui disait-elle, " c'est parce qu'il est méchant : ne voyez-vous pas qu'il ne connaît pas notre père le bon Dieu ; et qu'au lieu de le prier, il se met à genoux devant ce vilain singe 1 D'ailleurs notre livre dit qu'il faut pardonner à ses ennemis, et leur faire du bien ; et vous voyez qu'au lieu de cela, ce méchant homme fait mourir ses prisonniers et les mange."

" Il me vient une pensée," dit Jean ; " si nous faisions périr ce vilain singe, ils verraient bien que ce n'est pas un Dieu. Il nous faut l'empoisonner." Marie y consentit, et le singe mourut. Les sauvages qui en avaient soin, et qui étaient comme ses prêtres, dirent au roi que Marie et son frère étaient cause du malheur qui était arrivé, et qu'il ne pourrait être

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heureux que ces deux blancs ne fussent tués. Aussitôt on dé cida qu'on ferait un sacrifice au nouveau singe qu'on venait de mettre à la place du premier, que les deux blancs y assisteraient, et qu'après*cela on les brûlerait tout vifs. Jean ayant appris cette résolution leur dit: "Si votre singe avait été un Dieu, je n'aurais pas pu le tuer ; n'est-il pas vrai que je suis plus puissant que lui ? Il faut adorer le grand Dieu, qui est le Créateur du ciel et de la terre, et non pas une si vilaine bête." Ce discours irrita tous les sauvages : ils attachèrent Jean et sa sœur à des arbres, et se préparaient à les brûler, lorsqu'on leur apprit qu'un grand nombre de leurs ennemis venaient d'aborder dans l'île. Ils coururent pour les combattre et furent vaincus. Les sauvages qui étaient vainqueurs, ôtèrert les chaînes des deux blancs, et les emmenèrent dans leur île, où ils devinrent les esclaves du roi.

Cependant ces nouveaux sauvages faisaient souvent la guerre, et comme leurs voisins, ils mangeaient leur prisonniers. Un jour ils en prirent un grand nombre ; car ils étaient fort vaillants. Parmi ceux-là il y avait un homme blanc : et comme il était fort maigre, les sauvages résolurent de l'engraisser avant de le manger. Ils l'enchaînèrent dans une cabane, et chargèrent Marie de lui porter à manger. Comme elle savait qu'il devait être bientôt mangé, elle en avait grand' pitié, et disait, en le regardant tristement : " Mon Dieu, ayez pitié de lui !" Cet homme blanc, qui avait été fort ét&iné de voir une fille de la même couleur, que lui, le fut bien davantage quand il l'entendit parler sa langue. " Qui vous a appris à parler français ?" lui dit-il. " Je ne sais pas le nom de la langue que je parle," répondit-elle ; " c'est la langue de ma mère, et elle me l'a apprise. Nous avons aussi deux livres, dans lesquels nous lisons tous les jours." " Mon Dieu!" s'écria cet homme en levant les mains au ciel, " serait-il possible ? Mais, ma fille, pourriezvous me montrer les livres dont vous me parlez ?" " Je ne les ai pas," lui dit-elle ; " mais je vais chercher mon frère qui les garde, et il vous les montrera." En même temps elle sortit, et revint bientôt après avec Jean, qui apporta ces deux livres. L'homme blanc les ouvrit avec émotion, et ayant lu sur le premier feuillet : " Ce livre appartient à ^ean Mauriue/

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il s'écria : "Ah ! mes chers enfants ! est-ce vous que je revois ? Venez embrasser -votre père ; puissiez-vous me donnei des nouvelles de votre mère !" Jean et Marie à ces parole* se jetèrent dans les bras de l'homme blanc "en versant des larmes de joie. A la fin Jean prenant la parole dit : " Mon cœur me dit que vous êtes mon père : cependant je ne sais comment cela peut être ; car ma mère m'a dit que vous étiez tombé dans la mer." " Je tombai effectivement dans la mes quand notre vaisseau s'entr'ouvrit," repartit cet homme; "maie m'étant saisi d'une planche, j'abordai heureusement dans une île, et je vous crus perdus." Alors Jean lui dit toutes les choses dont il put se souvenir. L'homme blanc pleura beaucoup quand il apprit la mort de sa pauvre femme. Mari* pleurait aussi beaucoup, mais c'était pour un autre sujet. " Hélas !" s'écria-t-elle, " à quoi sert-il que nous ayons retrouvé notre père, puisqu'il doit être tué et mangé dans peu de jours.' " Il faudrait couper ses chaînes," dit Jean, " et nous nous sauverons tous les trois dans la forêt." " Et qu'y ferons-nous, mes pauvres enfants ?" dit Jean Maurice ; " les sauvages nous reprendront, ou bien il faudra mourir de faim." "Laissezmoi faire," dit Marie ; " je sais un moyen infaillible de vous sauver."

Elle sortit en finissant ces paroles et alla trouver le roi Lorsqu'elle fut entrée dans sa cabane, elle se jeta à ses pieds et lui dit : " Seigneur, f ai une grande grâce à vous demander voulez-vous me promettre de me l'accorder, ?" "Je vous le jure," lui dit le roi, " car je suis fort content de vous." " H£ bien," lui dit Marie, " vous saurez que cet homme blanc, dont vous m'avez donné le soin, est mon père et celui de Jean: vous avez résolu de le manger, et je viens vous représenter qu'il est vieux et maigre, au lieu que je suis jeune et grasse ; ainsi j'espère que vous voudrez bien me manger à sa place. Je ne vous demande que huit jours pour avoir le plaisir de le voir avant de mourir." " En vérité," lui dit le roi, " vous êtes une si bonne fille, que je ne voudrais pas pour toutes choses vous faire mourir ; vous vivrez et votre père aussi. Je vous avertis même, qu'il vient tous les ans ici un vaisseau plein dliommes blancs, auxquels nous vendons les prisonniers que

MR. SAML HATCU, No.

nous ne mangeons pas ; il arrivera bientôt, et je vous donnera: la permission de vous en aller/'

Marie remercia beaucoup le roi, et dans son cœur elle remerciait le bon Dieu, qui lui avait inspiré d'avoir compassion d elle. Elle courut porter ces bonnes nouvelles à son père, et quelques jours après le vaisseau dont le roi noir lui avait parlé étant arrivé, elle s'embarqua avec son père et son frère. Ils abordèrent dans une grande île habitée par des Espagnols. Le gouverneur de cette île, ayant appris l'histoire de Marie, dit en lui-même : Cette fille n'a pas le sou, et elle est bien brûlée du soleil ; mais elle est si bonne et si vertueuse qu'elle pourra rendre son mari plus heureux que si elle était riche et belle. Il pria donc le père de Marie de lui donner sa fille en mariage ; et Jean Maurice y ayant consenti, le gouverneur l'épousa, et donna une de ses parentes à Jean. Ils vécurent fort heureux dans cette île, admirant la sagesse de la Providence, qui n'avait permis que Marie fût esclave que pour lui donner l'occasion de sauver la vie à son père.

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A APPLSTON é VO: S PUBLICATIONS.

Bpiers and Suremie ; s French and English and English and Frencli Pronom) cing Dictionary.

Editod by G. P. QUACKENBOS, À.M. One large volume, 8voy c* 1,816 pages. Neat type anvi fine paper.

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L That it is a révision and combinaUon of (Spizrs') the best defining, i&d (Subenhk's) the most aecurate prononncing dictionary extant

2. That in this work the numerous errors in Spiers' Dictionary hâve beef carefttlly and faithfully corrected.

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