Deux cent-trente-septième Thème
Un jeune prince, âgé de sept ans, était admiré de tout le monde à cause de son esprit ; se trouvant un jour en société d'un vieil officier, celui-ci observa, en parlant du jeune prince, que quand les enfants avaient tant d'esprit dans les première» années, ils en ont ordinairement fort peu quand ils sont avancés en âge. " En ce cas," dit le jeune prince, qui l'avait entendu, " il faut que vous ayez eu infiniment d'esprit dans votre enfance."
Un Anglais, a sa première visite en France, rencontra dans les rues de Calais un fort jeune enfant qui parlait le français couramment et avec élégance. " Mon Dieu ! est-il possible," s'écria-t-il, " que même les enfants ici parlent français avec pureté ?"
Recherchons l'amitié des bons et évitons la société des méchants; car les mauvaises sociétés corrompent les bonnes mœurs. — Quel temps fait-il aujourd'hui? — Il neige toujours comme il neigea hier, et selon toute apparence il neigera aussi demain. — Qu'il neige; je voudrais qu'il neigeât encore plus,
car je me porte toujours très-bien quand il fait très-froid. — Et moi, je me porte toujours très-bien quand il ne fait ni froid ni chaud. — Il fait trop de vent aujourd'hui, et nous ferions mieux de rester à la maison. — Quelque temps qu'il fasse, il faut quo je sorte ; car j'ai promis d'être chez ma sœur à onze heures et un quart, et il faut que je tienne parole.
238* — Deux cent-trente-huitième Thème.
M. de Turenne ne voulait jamais rien acheter à crédi chez les marchands, " de peur," disait-il, " qu'ils n'en perdissent une grande partie, s'il arrivait qu'il fut tué." Tous les ouvriers qu'il employait dans sa maison, avaient ordre d'apporter leurs mémoires, avant qu'il se mît en campagne, et ils étaient payés régulièrement.
Vous ne serez jamais respecté, à moins que vous n'abandonniez la mauvaise compagnie que vous fréquentez. — Vous ne pourrez finir votre travail ce soir, à moins que je ne vous aide. — Je vous expliquerai toutes les difficultés, afin que vous ne vous découragiez pas dans votre entreprise. — Supposé que vous perdiez vos amis, que deviendriez-vous 1 En cas que vous ayez besoin de mon assistance, appelez-moi, je vous aiderai. — Un homme sage et prudent vit avec économie quand il est jeune, *fin qu'il jouisse du fruit de son travail, quand il sera vieux. — Portez cet argent à M. N. afin qu'il puisse payer ses dettes. — Voulez-vous me prêter cet argent ? — Je ne vous le prêterai pas, à moins que vous ne me promettiez de me le rendre le plus tôt que vous pourrez. — Le général est-il arrivé? — Il arriva hier matin au camp, las et harassé, mais très à propos ; il donna de suite ses ordres pour engager l'action, quoiqu'il n'eût pas encore toutes ses troupes. — Mesdemoiselles vos sœurs sontelles heuieuses ? — Elles ne le sont pas, quoiqu'elles soient riches, parce qu'elles ne sont pas contentes. Bien ' qu'elles aient bonne mémoire, cela ne 'suffit pas pour apprendre quelque langue que ce soit ; il faut qu'elles fassent usage de leur jugement. — Regardez comme cette dame est aimable ; quoiqu'elle n'ait pas de fortune, je ne l'en aime pas moins. — Vou lez-vous ine prêter votre violon ? — Je vous le prêterai, pourvu
que vous me le rendiez ce soir. — Madame votre mère viendrat-elle me voir ? — Elle viendra, pourvu que vous promettiez de la mener au concert. — Je ne cesserai de l'importuner jusqu'à ce qu'elle m'ait pardonné. — Donnez-moi ce canif. — Je vous le donnerai, pourvu que vous n'en fassiez pas mauvais usage. — Irez-vous à Londres? — j'irai, pourvu que vous m'accompagniez ; et je récrirai à Monsieur votre frère, en cas qu'il n'ait pas reçu ma lettre.
239* — Deux cent~trente~neuvième Thème.
Où étiez-vous pendant l'affaire ? — J'étais au lit à faire panser mes blessures. Plût à Dieu que j'y eusse été ! J'aurais ?eulu vaincre ou périr. — On évita la bataille de peur que nous ne fussions pris, leurs forces étant supérieures aux nôtres. — A Dieu ne plaise que je blâme votre conduite ; mais vos affaires ne seront jamais faites comme il faut, à moins que vous ne les fassiez vous-même. — Partirez-vous bientôt? — Je ne partirai pas, que je n'aie dîné. — Pourquoi m'avez-vous dit que mon père était arrivé, quoique vous sussiez le contraire ? — Vous êtes si prompt que, pour peu qu'on vous contrarie, vous vous emportez en un instant. Si votre père n'arrive pas aujourd'hui, et que vous ayez besoin d'argent, je vous en prêterai. — Je vous suis fort obligée — Avez- vous fait votre devoir? — Pas tout-àfait ; si j'avais eu le temps, et que je n'eusse pas été si inquiet de l'arrivée de mon père, je l'aurais fait.— Si vous étudiez et que vous soyez attentif, je vous assure que vous apprendrez la langue française en très-peu de temps. Celui qui veut enseigner un art, doit le connaître à fond ; il faut qu'il n'en donne que des notions précises et bien digérées ; , il faut qu'il les fasse entrel une à une dans l'esprit de ses élèves, et surtout qu'il ne surcharge pas leur mémoire de règles inutiles et insignifiantes. .
Mon cher ami, prêtez-moi un louis. — En voici deux au lieu d'un. — Que d'obligations je vous ai! — Je suis toujours bi^n aise quand je vous vois, et je trouve mon bonheur dans le vô* tre. — Cette maison est-elle à vendre ? — Voulez-vous l'acheter ? — Pourquoi non ? — Pourquoi Mademoiselle votre sœur ne parle-
t-elle pas ? — Elle parlerait si elle n'était pas toujours si distraite. — J'aime les jolies anecdotes: elles assaisonuent la conversation et amusent tout le monde. — Je vous prie de m'en raconter quelques-unes. — Voyez, s'il vous plaît, page centquarante-huit du livre que je vous ai prêté, et vous en trouverez.
240« — Deux cent-quarantième Thème.
Il faut que vous ayez patience, quoique vous n'en ayez pas envie, car il faut que j'attende aussi jusqu'à ce que je reçoive mon argent. En cas que je le reçoive aujourd'hui, je vous paierai tout ce que je vous dois. Ne croyez pas que je l'aie oublié, car j'y pense tous les jours. Ou croyez-vous peut-être que je l'aie déjà reçu ?— Je ne crois pas que vous l'ayez déjà reçu ; mais je crains que vos autres créanciers ne l'aient déjà reçu. — Vous voudriez avoir plus de temps pour étudier et vos frères voudraient n'avoir pas besoin d'apprendre. — Plût à Dieu que vous eussiez ce que je vous souhaite, et que j'eusse ce que je désire. Quoique nous n'ayons pas eu ce que nous souhaitons, nous avons presque toujours été contents, et Messieurs B. ont presque toujours été mécontents, quoiqu'ils aient eu tout ce dont un homme raisonnable peut se contenter. — Ne croyez pas, Madame, que j'aie eu votre éventail. — Qui vous dit que je le croie ? — Mon beau-frère voudrait ne pas avoir eu ce qu'il a eu. — Pourquoi ? — Il a toujours eu beaucoup de créanciers et point d'argent. — Je désire que vous me parliez toujours français, et il faut que vous m'obéissiez, si vous voulez l'apprendre, et que vous ne vouliez pas perdre votre temps inutilement. Je voudrais que vous fussiez plus assidu et plus attentif quand je vous parle. Si je n'étais pas votre ami, et que vous ne fussiez pas le mien, je ne vous parlerais pas ainsi. — Méfiez-vous de M. N., car il vous flatte. Pensez-vous qu'un flatteur puisse être un ami ? — Vous ne le connaissez pas aussi bien que moi, bien que vous le voyiez tous les jours. — Ne croyez pas que je sois fâché contre lui, parce que son père m'a offensé ! — Oh ! le voilà qui vient ; vous pouvez tout lui dire vous-même.
EXERCISE CCXLI. 169
241* — Deux cent-quarante et unième Thème.
Que pensez-vous de notre roi ? — Je dis que c'est un grand homme, mais j'ajoute que, quelque puissants que soient les rois, ils meurent aussi bien que le plus vil de leurs sujets. — Avezvous été content de mes sœurs ? — Je l'ai été, car quelque laides qu'elles soient, elles ne laissent pas d'être très-aimables, et quelque savantes que soient les filles de nos voisines, elles se trompent encore quelquefois. — Leur père n'est-il pas riche ? — Quelque riche qu'il soit, il peut tout perdre en un moment. — Quelque soit l'ennemi dont vous appréhendez la malice, vous devez vous reposer sur votre innocence ; mais les lois condamnent tous les criminels, quels qu'ils soient. — Quelles que soient vos intentions vous auriez dû agir différemment. — Quelques raisons, que vous m'alléguiez, elles n'excuseront pas votre action, blâmable en elle-même. — Quelque chose qui vous arrive dans ce monde, ne murmurez jamais contre la divine providence, car quelque chose qu'on souffre, on le mérite. — Quelque chose que je fasse, vous n'êtes jamais content. — Quoi que vous disiez, vos sœurs seront punies si elles le méritent, et si elles ne tâchent pas de s'amender. — Qui est-ce qui a pris ma montre en or ? — Je ne le sais pas.— -Ne croyez pas que je l'aie eue, ou que Mademoiselle C. ait eue votre tabatière d'argent, car j'ai vu l'une et l'autre dans les mains de Mademoiselle votre sœur, lorsque nous jouions au gage touché. — Demain je partirai pour Douvres, mais dans quinze jours je reviendrai, et alors je viendrai vous voir, vous et votre famille. — Où votre sœur estelle à présent ? — Elle est à Paris, et mon frère est à Berlin. — On dit que cette petite femme doit épouser le général K., votre ami ; est-ce vrai ? — Je n'en ai pas entendu parler. — Quelles nouvelles y a-t-il de notre grande armée ? — On dit qu'elle est entre le Wéser et le Rhin. — Tout ce que le courrier m'a dit paraissant très-vraisemblable, je me rendis de suite au logis, j'écrivis quo qyes lettres et partis pour Londres.