‹ À l'amie perdueChapitre 4 sur 19 · XXXI II · texte numérisé non relu

XXXI II

Tandis ({ue les ravojis (omliaicnt inlarissables, Je vis, dans un azur louj(Uirs ])lus radieux. Ces rosiers se couvrir de ruses innouiliraldes, Yai sorte (ju"ils semblaient lirùler comme des feux.

Et comme, dans les Heurs des anti(|ues retables, La Vier<j:e au front cendé d'un nimbe ^-bu-ieux. Reçoit entre ses mains les vœux des misérables, Tu paraissais vouloir écouter mes aveux ;

Kt ré(dat de ccl oi' dan> des clartés brové Le cédait aux lueurs de tes yeux attendris. Quand TAmour te montra de son bras déployé,

J'aperçus qu'il tenait la sombre fleur d'iris Que j'avais vue aux mains pâles de la Pitié, Mêlée à des boutons de rose enlrefleuris

36 A i/amie perdue.

XXXIY

Viens chercher sur mon sein le calme du sommeil. Chère âme fatiguée, endolorie et triste ; Je veux que, pour Ion cœur, ce repos soit pareil Au lac limpide cl large où le chevreuil dépiste,

A l'abri des rayons dangereux du soleil , La meute dont Técho derrière lui pei'siste. Viens dormir dans mes bras, afm qu'à ton réveil Les sombres souvenirs, ayant perdu ta piste.

Se dispersent grondants comme des chiens déçus ; Et toi-même, oubliant leur clameur et ta fuite. Xe te souviendras d'eux que pour t'avoir conduite

Vers des lieux autrement restés inaperçus.

Car t'aurais-je jamais, sans leur âpre poursuite.

Donné les longs baisers que ton front a reçus?

Page 1