CHAPITRE PREMIER
Les origines de Barye. — Son apprentissage technique. — Son passage dans les ateliers de Bosio et de Gros. — - Le second prix de gravure en me'dailles : Milon de Crotone. — Echecs successifs aux concours académiques. — Barye entre chez Fauconnier. — Caractère révolutionnaire de ses études d’après nature. — Les premiers envois au Salon. — Le Tigre dévorant un crocodile. — • Genèse du talent de
Tout révolutionnaire , pour mériter le nom de grand, doit être double: il faut qu’il y ait en lui l’homme qui déblaie et l’homme qui édi fie. Seulement, si, dans l’ordre politique, souvent les révolutionnaires se dédoublent, si l’on assiste à trop de révolutions stériles, en art c’est un phénomène impossible. Les deux opérations y sont toujours simultanées. Un artiste ne démolit qu’à coups de créations, et chaque création géniale est la plupart du temps une révolution inconsciente. On voit alors les écoles s’appuyer vainement sur les traditions qu'elles conservaient en les affaiblissant. L’art se renouvelle et rajeunit sans cesse, et l'on ne s'oppose pas plus à sa féconde poussée, que la morte écorce ne résiste au bourgeon qui la perce.
Mieux que de longues dissertations, l’étude de la vie et de l’œuvre d’un artiste véritablement créateur fera comprendre ce que nous voulons affirmer.
B ?. r vc .