MILON DE CROTONE
(2e prix de gravure en médailles. 1819 )
FRANCE
SCULPTEURS
ANTOINE-LOUIS BARYE
LES ARTISTES CELEBRES
Antoine-Louis Barye est ne' à Paris, le 24 septembre 1796. Sans exagération, l’on peut dire qu’il a commencé sa vie plus tôt que les autres, et, dès qu’il a été en âge de raison, il n’a rien dù à personne. Education, talent, pensée, tout cela s’est développé spontanément, par la seule force d’une nature généreuse, d’un tempérament robuste.
Le père de Barye était orfèvre à Paris; il avait épousé une demoiselle Claparède, d’une famille de robe. Il ne paraît pas que l’état de ses affaires lui ait permis de s’imposer de longs sacrifices pour l’éducation de son fils, car, dès l’âge de treize ans et demi, celui-ci entrait comme apprenti chez Fourier, un graveur pour équipements militaires. N’ayant suivi les cours d’aucun collège, il possédait alors le strict nécessaire des connaissances utiles à un bon ouvrier. La seule curiosité de son esprit devait plus tard le pousser aux sérieuses et fortes lectures, au point de faire de ce jeune garçon, voué à l’ignorance et aux besognes obscures, ce que les gens du xvne siècle appelaient un « honnête homme ».
Sans vouloir appliquer ici la théorie démodée des causes finales, on peut dire toutefois que cet apprentissage de graveur ne lui fut pas inutile. Là, comme dans l’atelier de l’orfèvre Biennais, où il exécuta des matrices en acier pour les repoussés , il acquit une première dextérité de main, un maniement des multiples outils qui vainquent la résistance des métaux et permettent à l’homme de les assouplir au gré de sa fantaisie.
Cette éducation manuelle, que Rousseau demandait pour tout citoyen, quelles que dussent être sa profession et sa place dans la société, est pardessus tout nécessaire à l’artiste. Il faut qu’il se sente à l’aise en travaillant, et que jamais il ne risque de voir l’inspiration arrêtée par quelque mesquine difficulté technique. Il ne devrait avoir à lutter qu’avec sa pensée; en un mot, il ne saurait s’exposer à être trahi ou retardé par sa main. Cette éducation matérielle manque parfois, de nos jours, d’une manière flagrante, à des artistes supérieurement doués. Chez Barye, elle fut complète; nous aurons plus d’une occasion de signaler les services qu’elle lui rendit.
Un moment, cette carrière d’ouvrier se trouva interrompue. C’est en 1812; la guerre, terrible mangeuse d’hommes, exige maintenant l’appoint des enfants, et Barye est pris par la conscription à l’âge de seize ans. Il entre dans la brigade de topographie et ensuite dans les sapeurs du génie. Quelques-uns de ses biographes ont dit qu’il ht là ses débuts