‹ A l'école de Nazareth; saynète biblique en 1 acte, en versChapitre 3 sur 9 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

LES PETITS

Jésus, alléluia !

JACQUES

Victoire !

Le jeu nous est plus doux qu'une classe d'histoire.

BUBEN

Jésus, je l'aime bien.

les petits, embrassanl Jésus Nous t'aimons bien.

UN PETIT

Effleure Encor mon front !

Simon, les écarlanl Allez : vous viendrez tout à l'heure !

JÉSUS

Laissez venir à moi tous les petits enfants !

SIMON

Je les chasse, Jésus, et toi tu les défends ?

JÉSUS

Le royaume des Cieux leur appartient.

RUBEN

Sans doute !

Mais nous voudrions, nous, les aînés, savoir toute L'histoire de l'Enfant mystérieux. Là-bas Les gens de Bethléem te l'ont dite tout bas. Conte-nous la merveille, ô Jésus, je t'en prie.

JÉSUS

C'était un soir d'hiver. Comme en l'hôtellerie

Nul recoin ne restait, la Vierge s'en alla Dans une grotte obscure et sans feu, par-delà Le mur et le ruisseau qui défendent la ville. Un bœuf y ruminait ; d'une façon civile — Ayant le cœur moins dur que les gens de Juda — Il accueillit la Vierge errante et lui céda Avec un beuglement son lit de paille fraîche. L'Enfant naquit ; il fut posé dans une crèche. Et les pasteurs d'es champs s'en vinrent l'adorer.

JACQUES

Oh ! que l'histoire est belle ! Elle me fait pleurer.

JESL'S

Ils passaient dans la nue, Disant au nouveau-né des chants de bienvenue, Et promettant la paix à tout homme ici-bas S'il cherche le Seigneur et ne le quitte pas...

SIMON

Parle-nous maintenant des Mages.

JESL'S

Ils avaient Une étoile pour guide, et ceux qui les suivaient Avaient la face noire ainsi que des démons. Traversant les déserts et franchissant les monts.

Ils marchèrent pendant quatorze nuits sans trêve. Jérusalem les vit passer comme en un rêve. Ouand à leurs yeux parut Bethléem Ephrata Au fond du ciel soudain letoile s'arrêta; Les Anges de nouveau chantèrent leurs cantiques. Alors, tenant en mains leurs offrandes mystiques Et vers lui murmurant une ardente oraison, Les Rois de l'Orient au divin Enfançon Offrirent de l'encens, de l'or et de la myrrhe.

RUBEN

Comme tu parles bien ! Je t'aime et je l'admire, 0 Jésus ! Moi, je suis de Cana ; si tu veux Oue je sois quelque jour au comble de mes vœux, Laisse-moi t'emmener sous le toit de mon père : Tu verras quel bon lait nous y boirons. J'espère Ou 'à mes noces aussi, dans dix ans, tu viendras.

JÉSUS

J'irai, petit Ruben ; et tu t'en souviendras.

simon, après une pause

Est-il vrai qu'on tua des enfants par centaines, Et que leur sang coula comme l'eau des fontaines?

JÉSUS

Le seul nom du bourreau sème encor la terreur.

JACQUES

Mais l'Enfançon ?

JÉSUS

Il fut sauvé de sa fureur,

Car Dieu l'avait conduit en l'Egypte lointaine, Et le jaloux mourut sans assouvir sa haine.

SIMON

Il était plus méchant qu'un Auguste romain, Cet Hérode !

RUBEN

Jésus, tu suivis ce chemin.

As-tu du doux Enfant trouvé quelque vestige ?

JÉSUS

Je sais qu'autour de lui s'accomplit maint prodige : Les lions rugissants venaient lécher ses doigts ; Les palmiers s'inclinaient en un geste courtois ; Des fontaines, parfois, jaillissaient dans la plaine, El tous les dieux menteurs donl Memphis était pleine, Lorsqu'il s'approcha d'eux, croulèrent à la fois.

RUBEN

Oh ! que c'est beau, Jésus !

(Entre Barabbas, tenant en main un nid de corbeau.)

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