VAINCUE
Et que mon cœur soit lourd dans ta juste balance, Lorsque j'arriverai près du trône fatal Où le silence noir est plein de vigilance, Et que servent les Dieux à têtes de chacal.
Isis, fais-moi rejoindre, au fond des plaines nues, Les poètes obscurs qui savent les affronts Et qui passent, chantant leurs strophes inconnues Dans le soir éternel qui pèse sur leurs fronts...
LE ^OC^VE EST UV^ JcA'RpiS^
E monde est un jardin de plaisir et de mort, Où Tombre sous les bleus feuillages semble attendre, Où la rose s'effeuille avec un bruit de cendre, Où le parfum des lys est volontaire et fort.
Parmi les lys nouveaux et les roses suprêmes, Nous mêlons nos aveux à d'antiques sanglots... Le monde est le jardin où tout meurt, les pavots Et les sauges et les romarins et nous-mêmes.
Des rires sont cachés partout; Ton sent courir Au ras du sol les pieds invisibles des brises. Et nous nous promenons dans ce jardin, éprises Et ferventes, sachant que nous devons mourir...
Nous allons au hasard de nos rêves, j*effleure Ton col, et tes yeux sont comme un lac endormi. Le soleil nous regarde avec des yeux d'ami.
Et nous ne songeons point à la fuite de l'heure.
Nous marchons lentement et notre ombre nous suit... Le vent bruit avec un long frisson de traîne... Nous qui ne parlons pas de notre mort certaine,, Avons-nous oublié l'approche de la nuit?...