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(( ... îhe hour of sisterly sweet hand-in-hand. »
Dante Gabriele Rossetti.
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J'ai puérilisé mon cœur dar De notre amour, éveil de calice enchante.
Dans les jardins où se parfume le silence, Où le rire lascif retrouve l'innocence, O chère! je t'adore avec simplicité.
Tes doigts se sont noués autour de mon cœur rude.
En un balbutiement pareil au cri naïf
De l'inexpérience et de la gratitude.
Je te dirai comment, lasse de la mer rude.
J'ai jeté l'ancre au port où s'amarre l'esquif.
Tes cheveux et ta voix et tes bras m'ont guérie. J'ai dépouillé la crainte et le brutal soupçon. Et l'artificiel et la bizarrerie.*..
J'abrite ma langueur de malade guérie Sous le toit amical de la bonne maison.
J'ai la sécurité pourtant un peu tremblante
De celles dont les yeux, pleins d'images, sont lourds,
Et je me réjouis de l'herbe et de la plante;
Je me détends aux bleus midis, un peu tremblante
D'avoir trop redouté l'aspect des mauvais jours.
A l'heure sororale et douce des mains jointes. J'ai contemplé, sereine, un visage effacé, Tels les convalescents aux fraîches courtepointes, La fièvre disparue... A l'heure des mains jointes, Je t'ai donné les derniers lys de mon passé.
TS<yiTTHc4 TiJEVlT
A lune se levait autrefois à Lesbos Sur le verger nocturne où veillaient les amantes. L'amour rassasié montait des eaux dormantes Et sanglotait au cœur profond du sarbitos.
Psappha ceignait son front d'augustes violettes Et célébrait TÉrôs qui s'abat comme un vent Sur les chênes... Atthis Técoutait en rêvant, Et la torche avivait l'éclat des bandelettes.
Les rives flamboyaient, blondes sous les pois d!or... Les vierges enseignaient aux belles étrangères Combien l'ombre est propice aux caresses légères, Et le ciel et la mer déployaient leur décor.
... Certaines d'entre nous ont conservé les rites De ce brûlant Lesbos doré comme un autel.
Nous savons que l'amour est puissant et cruel, Et nos amantes ont les pieds blancs des Kharites.
Nos corps sont pour leurs corps un fraternel miroir. Nos compagnes, aux seins de neige printanière, Savent de quelle étrange et suave manière Psappha pliait naguère Atthis à son vouloir.
Nous adorons avec des candeurs infinies, En l'émerveillement d'un enfant étonné A qui l'or éternel des mondes fut donné...
Psappha revit, par la vertu des harmonies.
rSAPPHA REVIT
Nous savons effleurer d'un baiser de velours, Et nous savons étreindre avec des fougues blêmes; Nos caresses sont nos mélodieux poèmes...
Notre amour est plus grand que toutes les amours.
Nous redisons ces mots de Psappha, quand nous sommes Rêveuses sous un ciel illuminé d'argent :
« O belles, envers vous mon cœur n'est point changeant.,, » Celles que nous aimons ont méprisé les hommes.
Nos lunaires baisers ont de pâles douceurs, Nos doigts ne froissent point le duvet d'une joue. Et nous pouvons, quand la ceinture se dénoue. Être tout à la fois des amants et des sœurs.
Le désir est en nous moins fort que la tendresse. Et cependant Tamour d'une enfant nous dompta Selon la volonté de l'âpre Aphrodita, Et chacune de nous demeure sa prêtresse.
Psappha revit et règne en nos corps frémissants; Comme elle, nous avons écouté la sirène, Comme elle encore, nous avons l'âme sereine, Nous qui n'entendons point l'insulte des passants.
Ferventes, nous prions : « Que la nuit soit doublée Pour nous dont le baiser craint l'aurore, pour nous Dont l'Érôs mortel a délié les genoux.
Qui sommes une chair éblouie et troublée... »
Et nos maîtresses ne sauraient nous décevoir, Puisque c'est l'infini que nous aimons en elles... Et, puisque leurs baisers nous rendent éternelles. Nous ne redoutons point l'oubli dans l'Hadès noir.
Ainsi, nous les chantons, l'âme sonore et pleine. Nos jours sans impudeur, sans crainte ni remords. Se déroulent, ainsi que de larges accords.
Et nous aimons, comme on aimait à Mytilène.
(AltHJl JE ToA'RJ.E'R^I...
1 le Seigneur penchait son front sur mon trépas. Je lui dirais : a O Christ, je ne te connais pas.
« Seigneur, ta stricte loi ne fut jamais la mienne, Et je vécus ainsi qu'une simple païenne,
« Vois l'ingénuité de mon cœur pauvre et nu.
Je ne te connais point. Je ne t'ai point connu.
« J'ai passé comme l'eau, j'ai fui comme le sable. Si j'ai péché, jamais je ne fus responsable.
« Le monde était autour de moi, tel un jardin. Je buvais l'aube claire et le soir cristallin.
« Le soleil me ceignit de ses plus vives flammes, Et l'amour m'inclina vers la beauté des femmes.
« Le ciel, d'un bleu velours, s'étalait comme un dais. Une vierge parut sur mon seuil. J'attendais.
« La nuit tomba... Puis le matin nous a surprises Maussadement, de ses maussades lueurs grises.
a Et dans mes bras qui la pressaient, elle a dormi Ainsi que dort l'amante aux bras de son ami.
« Depuis lors, j'ai vécu dans le trouble d'un rêve, Toute une éternité dans la minute brève.
« Elle était belle, avec des yeux glauques et froids. Et j'aimai cette femme, au mépris de tes lois.
« Comme je ne cherchais que l'amour, obsédée Par un regard, les gens de bien m'ont lapidée.