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AUX INSTITUTEURS DO LOT

L'objet, dont ils avaient fait choix était le groupe Tameux : ta Malédiction de l'Alsace, dû au ciseau dn M . Bartholdi. L'exemplaire original avait été offert an 1871 à Gambetta par une délégation d'Alsace -Lorraine,

Très ému par ce souvenir, M, Pau! Bert répondit en ces termes :

Mesdames, messieurs, mes amis.

Je dois et je veux vous remercier des affectueuses paroles qui viennent d'être prononcées en votre nom. Mais je ne sais, en vérité, comment vous expliquer les sentiments si complexes qui m'agitent en ce moment. Certes, la joie, la gratitude et une légitime '*" fierté y tiennent une grande place ; mais depuis deux ;> jours ces cérémonies, cette glorification, ces fêtes, S comme on dit, si voisines du jour funèbre que je n'y puis voir qu'une prolongation des funérailles triomphales oii la France républicaine tout entière s'était donné rendez-vous {Sensation), tant d'émotions douloureuses, tant de souvenirs et de rêyes brisés, m'enlèvent presque toute liberté de pensée, et m'empêchent de jouir comme je le voudrais de ces témoignages d'estime dont M. Vidal vient de se taire l'éloquent et trop enthousiaste interprète. {Applaudissements.} ■ i

Mais il faut se ressaisir et imiter celui qui savait rester maître de lui parmi les plus poignantes émotions. Ne me croyez donc pas insensible à vos paroles : j'en ressens, comme il convient, l'honneur si ce n'est la joie. J'en éprouve comme un réconfort; j'y trouve la récompense du passé, l'encouragement pour l'avenir. Je sais, de plus, combien de telles

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manifestations rencontrent d'obstacles sur leur route, de difflcultéa, et je comprends ce qu'elles représentent, quand elles réussissent, de sincérité affsctueuse et de ténacité vaillante {Bravos), et ma reconnaissance grandit avec leur mérite.

Elle grandit encore lorsque je pense au souvenir que vous m'offrez à mon passage, i cette reproduclion unique du groupe que les Alsaciens-Lorrains ont donné en 1871 à Gambetta, et lorsque je lis cette inscription par laquelle vous rappelez que c'est à Tancien ministre du cabinet Gambetta que vous dédiez l'œuvre du grand statuaire Bartholdi, Mais puisque les hasards des circonstances ne vous ont pas permis de l'avoir ici aujourd'hui, laissez-moi vous la décrire, cette Malédiction de l'Alsace, car elle est tout un enseignement. La vieille grand'mère est assise ; sur ses genoux repose le cadavre de son fils; du bras, elle menace et maudit l'ennemi invisible. Et voici que, blotti derrière elle, le petit-fils, effrayé, regards ce que montre l'aïeule ; et sa petite main salait et essaie de soulever la lourde épée qu'a laissé tomber la main paternelle. {Vive émoUon.) Cet enfant, je ne puis m'empècher de vous le dire, a vingt ans aujourd'hui ; sa main peut soutenircetto épée ; que penset-il maintenant t Se rappelle-t-il sa douleur, sa colère et ses serments* {Sensation.) Eu m'offrant ce groupe que tant de fois j'ai admiré, il me semble que vous m'associez aux grandes douleurs de Gambetta et aussi à ses invincibles espérances. {Applaudissements.) Car ses espérances étaient supérieures à tous les

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