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désastres. Car depuis l'année fatale il n'avait qu'une pensée, préparer, hâter l'heure et le jour de *ce qu'il a appelé « la justice imminente de l'histnire, > Refaire une France si unie, si compacte, si puissants, si redoutable, que cette force mise au service du droit amenât, et qui sait, peut-être sans larmes ni sang versés, le triomphe et la revauche du droit ; unir en un tout indissoluble, en une puissance irrésistible, la nation et l'armée ; faire par une éducation commencée à l'école par vous, messieurs, continuée au régiment avec vous (Bravos), de tout enfant un citoyen, de tout citoyen un soldat, sans dispenses ni inégalités d'aucune sorte (Applaudissemenls) ; préparer ainsi le plus redoutable instrument de guerre et le plus silr palladium des libertés publiques, telle fut la principale passion de sa vie. l'ardente préoccupation de tous ses instants, le rêve, ou plutôt l'espérance à la réalisation de laquelle il m'avait pour partie associé.
A vrai dire, c'est vous qu'il y associait. Messieurs, c'est sur vous qu'il comptait. Car c'est à vous que devait revenir la meilleure part dans cette préparation du citoyen complet. C'est que l'école n'était pas seulement, à ses yeux, l'établissement où s'enseignent ces éléments des sciences et des lettres sans lesquels l'homme est aujourd'hui dans la société comme un aveugle devant la nature, incapable également de jouir et d'agir. Certes, ce rôle est grand, utile, indispensable, car le bien-être, la richesse, et dans une certaine mesure la moralité de la nation en dépendent. Mais le rôle primordial de l'école, dans
EDDCATION PUBLigL^E
la pensée de Gambetta comme dans la mienae, c'est li'assufei' l'existence même de laNatioii en préparant le citoyen digne de ce noble titre et du pouvoir démocratique, pénétré du sentiment de ses devoirs, prêt à tous les sacrifices pour défendre au dedans la liberté de la Patrie, au dehors son honneur et son intégrité. (Acclamadons .)
C'est là l'objet de cette instruction civique, la véritable raison d'être de l'obligation de l'enseignement primaire, que vous êtes chargés de donner aujourd'hui. C'est là la charge nouvelle, qui a tellement grandi votre rôle, et qui de maîtres d'école a fait de vous, suivant le beau mot de la Convention, des instituteurs de la Nation, (flrauos.)
Mais si votre rôle a grandi, si votre tâche est plus élevée, les difficultés, les dangers même ont augmenté pour vous, avec les responsabilités. Jamais il n'a été plus nécessaire de vous donner les trois conditions indispensables pour l'exercice de votre noble fonction ; la liberté, la sécurité, la dignité.
Or, la liberté vous ne l'aviez pas tant que vous étiez les répétiteurs du prêtre (Applaitdissemeiils), tant que celui-ci avait sur votre enseignement un droit d'inspection et de contrôle, tant que vous étie,: contraints d'accepter à. l'église des fonctions subalternes. C'est pour cela que nous avons si énergiquement insisté, et que nous avons obtenu, malgré tant de mauvais vouloirs, tant d'obstacles venant de tous côtés, que l'enseignement religieux ne serait plus donné par l'instituteur, que le prêtre n'aurait plus sous aucun prétexte droit d'entrée dans l'école