PROTECTION ET INSTRUCTION PUBLIQUE
but de fabriquer, l'un des instituteurs, l'autre de^ professeurs. Faire rece'voir un élève à l'école normale, ici primaire, là supérieure, semble être la gloire suprême ; ainsi pensent du reste les chefs, de qui dépend l'avancement.
Or, nos bacheliers sont aussi ignorants des conditions dans lesquelles se livre le combat de la vie entre les hommes et entre les nations que les titulaires du certificat d'études primaires. Et, qui pis est, ils n'ont nul. goût pour l'apprendre.
Coulés dans un moule qui sert à la fois à 150,000 adolescents, habitués au culte de l'uniformité, et avançant de classe en classe l'esprit tourné vers le passé, ils s'effrayent aisément de ce qui est original et nouveau. Il en est qui jettent une sorte de gourme révolutionnaire pendant quelques années ; ceux-là rentrent un peu échaudés et plus dociles que jamais sous la férule de dame Routine.
Quelle éducation pour des commerçants, pour des industriels, pour de riches agriculteurs, et comment s'étonner que l'esprit d'initiative fasse défaut aux chefs comme aux subordonnés ?
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Et quelle conclusion tirer de ceci ? Elle est double : D'abord, faire que l'enseignement public se préoccupe un peu plus des réalités et prépare des combattants plutôt que des contemplateurs, des producteurs plutôt que des consommateurs.
Ensuite, et c'est ce qui explique le titre de cet article, faire en sorte, à quelque doctrine qu'on appar^ tienne, que les industries et l'agriculture ne som-
brent pas pendant qu'on leur prépare un personnel nouveau,
[29 octobre 1884.)