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QUE VA FAIRE L'ÉGUSE CATHOLIQUE

Il en Va tout autrement de la seule force qui puisse tenir tête à la Nation, de l'Église catholique. Que va-t-elle faire ? A qui va-t-elle reconnaître Vautorité légitime, la seule dont les ordres ne soient pas des lois « simplement pénales, » mais < obligent en conscience? » Jusqu'ici, rien de plus simple. Le descendant direct de Saint-Louis, le pieux héritier de ces rois très chrétiens qui tous ont juré à leur sacre « d'exterminer les hérétiques », était bien nettement le monarque de droit divin.

Aussi l'Église n'avait-elle jamais hésité. Sans doute ses respects officiels, son obéissance concordataire étaient acquis, — avec plus ou moins de docilité, suivant les temps, — aux pouvoirs qui se sont succédé depuis 1830. Mais celui qui à ses yeux avait « reçu de Dieu le pouvoir de gouverner, » c'était d'abord le vieux roi de Goritz, par elle sacré, puis Théritier légitime de Frohsdorf, à qui seules manquaient les sept onctions saintes.

Elle n'a pas eu à se louer de cette fidélité. Le souvenir odieux de l'ancien régime, dont elle dut s'obstiner à vanter les bienfaits, lui a fait perdre presque toute influence sur la population. Ses prêtres, fils de paysans que la Révolution avait faits citoyens et propriétaires, se sont, par leur gauche aristocratie, rendus à la fois ridicules et impuissants. Il est vrai qu'elle a conquis la bourgeoisie; mais c'est juste au moment où la bourgeoisie voit disparaître son action dirigeante. Et elle perd le peuple, juste au moment où le peuple devient souverain.

Aussi, sa puissance politique, singulièrement diminuée déjà, s'en va de jour en jour. Et cela dans le seul pays qui puisse lui rendre la force matérielle, l'autorité effective, nécessaires à l'exécution de ses desseins. Il y a là de quoi faire réfléchir les chefs de cette institution, bien plus politique que religieuse, et il n'est pas difficile de s'apercevoir que souvent déjà ils ont regretté la fatalité qui liait leur cause à celle des gentilshommes.

La mort du comte de Chambord va trancher ce lien. L'Église le renouera-t-elle? S'attachera-t-elle au pied, fardeau lourd à traîner, après la noblesse morte, la bourgeoisie expirante ? S'eflbrcera-t-elle de remorquer à la fois les vaincus de 1848 et ceux de 1830 ? Continuera-t-elle à compromettre ses intérêts en se mettant au service d'une royauté désormais sans grandeur, et dont l'écu, barré de bâtardise révolutionnaire, porte en cimier la tête de Louis XVI? Ou bien s'inspirera-t-elle de ses intérêts seuls? Se rappellera-t-elle son allégresse et ses Te Deum de 1848 ? Se tournera-t-elle du côté du peuple triomphant ?

En termes plus simples, demeurera-t-elle royaliste ou deviendra- t-elle républicaine ?

L'Eglise catholique républicaine? Au premier abord, cela semble une énormité ! Mais que diraient les hommes politiques habitués à trouver en elle leur plus solide point d'appui dans la lutte contre la République ? Que diraient les fidèles à qui elle a enseigné que la souveraineté nationale est une er-

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