‹ A la baie d'Hudson ou Récit de la première visite pastorale de Mgr. N. Z. Lorrain [microforme]Chapitre 39 sur 41 · CHU · texte numérisé non relu

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bytère à deux étages, qui aura 46 pieds sur 87, avec une cuisine de 82 sur 18. On parle aussi d'y bâtir un couvent et un hôpital. Ce sera là, dans un avenir prochain, la plus belle partie de la ville.

Le 28 juillet, Mgr N. Z. Lorrain, évêque de Cythère et vicaire apostolique de Pontiac, faisait sa première visite à ses ouailles de Mattawa. À 104 heures du soir, le train qui apportait Sa Grandeur entrait en gare. Toute la population était sur pied en habit de fête. Une procession aux flambeaux, composée de plus de 200 torches, précédant la voiture de l'évêque, se mit à se dérouler avec ses flammes vacillantes à travers les rues de la ville, comme un long serpent de feu; toutes les maisons étaient illaminées: le jour était revenu au milieu des ténèbres de la nuit. Les cuivres sonnants réveillaient les échos endormis des montagnes ; les chemins étaient bordés de sapins, d'érables et de pins verdoyants ; des arcs de triomphe, au nombre de six, s'élevaient de distance en distance, on y lisait les mottos : Bienvenu, Welcome, et cead mille falthe, ce qui veut dire en irlandais, paraît-il, mille fois bienvenu. Le lendemain, dimanche, à 10 heures, une nouvelle procession se forma à la maison des pères pour conduire Sa Grandeur à l'église qui se trouve à un demi mille de distance, sur l’autre côté de la rivière: spectacle édifiant que de voir cette longue suite de peuple, front découvert, la croix en tête, aux accords de la fanfare et de la musique militaire, défiler par la rue principale, traverser le pont tout habillé pour la circonstance de feuillage et de verdure, et grimper à pas lents sur les flancs de la colline, c'était beau» c'était pieux!

A la porte de l’église, la foule se rangea en demi cercle, et deux adresses, l’une en français et l’autre en unglais furent présentées à Sa Grandeur; elles furent lues respectivement par M. A. Fink et M. R. Gorman, Entre autres choses Monseigneur répondit qu'il était heureux de recevoir leurs démonstrations de joie et de respect. Elles ne pouvaient s'adresser à lui personnellement, puisqu'il leur était inconnu jusqu'à ce jour ; mais elles visaient plus haut, elles s'adressaient à la religion dont il est le premier dignitaire dans ce vicariat, à Dieu dont il est le représentant.

On l'avait appelé dans une de ces adresses un soldat de la foi ; il est plus, il est général, et c'est en cette qualité qu'il vient passer en revue les officiers et les simples soldats de l’armée chrétienne. Déjà il est en état de rendre hommage à leur zèle pour l’honneur du culte extérieur. Ils ont compris que, pour le bonheur et l'avancement d’une localité, ce n'est pas tout d'élever des édifices matériels, de favoriser le commerce et l’industrie ; il faut avant tout poser une base morale, établir un fondement spirituel. Que Dieu en soit béni !”

Les exercices de la visite, messe pontificale, instructions, confirmation, prières pour les morts, tout s'est passé comme à l'ordinaire en pareille occurrence. On ne put s'empêcher de remarquer l’empressement avec lequel les paroissiens assistèrent à tous les offices, l’église était trop étroite pour contenir la foule.

Ici le cahier du P. Nédelec s'arrête ; je m'arrête avec lui. Dans son chapitre intitulé “1884,” la verve du révérend annaliste ne manquera pas de consacrer quelques pages à raconter nos faits et gestes du côté de la Baie d'Hudson ; et, n’en doutez pas, tout sera pour le mieux.

ES

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