‹ A la baie d'Hudson ou Récit de la première visite pastorale de Mgr. N. Z. Lorrain [microforme]Chapitre 40 sur 41 · PEMBROKE, 14 AOUT · texte numérisé non relu

PEMBROKE, 14 AOUT

Mon her ami,

Aujonrd'hui, à midi et demi, nous entrions à Pembroke. Quelle ne fut pas ma surprise de ne point vous voir à la gare. “ Où est M. Leduc ?—A l’hôpital.—Bien malade ?—Il l’a été ; il est maintenant en pleine convalescence ; mais le médecin lui défend de sortir.”

Ma première visite, avec Monseigneur, a été pour vous. Vous m'avez exprimé le désir d'avoir par écrit le récit de l'entrée de Sa Grandeur dans sa ville épiscopale. Pour vous plaire, il n’est rien que je ne fasse ; à l'instant je m'exécute.

Vous savez mieux que tout autre combien les parcissiens de Pembroke sont heureux du retour de leur premier pasteur, après une si longue absence ; aussi ont-il vouiu témoigner de leur joie par une démonstration publique.

Quand les chars entrèrent en gare, une population nombreuse, en habits de fête, se pressait aux environs ; la fanfare faisait résonner les airs de ses accords les plus joyeux, les cloches sonnaient à grandes volées, et les principaux citoyens, ayant à leur tête M. l'abbé Dowdall, étaient là pour

donner à Sa Grandeur la poignée de main de la bienvenue. Monseigneur monta dans une voiture traînée par deux chevaux, ayant à ses côtés son compagnon de voyage, M. J. B. Proulx, et en face le juge Doran et M. William Murray. Plusieurs voitures et la foule à pied suivirent en procession.

On se rendit à l'église, où eut lieu, au milieu de l’allé. gresse générale, le chant du Te Deum. Après tant de faveurs reçues, après avoir échappé heureusement à tant d'accidents possibles, le cœur chantait d'accord avec les lèvres : “ Nous vous louons, nous vous bénissons. Que le ciel s’unisse à la terre pour célébrer vos grandeurs, car vous êtes le Dieu trois fois saint.”

Le Te Deum terminé, M. le juge Doran s'avança à la balustrade et lut à Sa Grandeur, en anglais, une adresse dont voici la traduction :

“ Monseigneur, c’est avec les sentiments d’une joie bien grande que nous nous sommes réunis, au nom de toute la paroisse, pour souhaiter la bienvenue à Votre Grandeur, à son retour de ce long et difficile voyage qu'elle a entrepris dans les parties septentrionales de son vaste diocèse.

“ Nous n'avons pas besoin de dire à Votre Grandeur que nous avons fortement senti le vide causé par son absence, et que nous avons soupiré après l'heure de votre retour, quoique les dignes prêtres, que vous avez laissés en charge de cette paroisse, aient veillé avec beaucoup de zèle sur nos besoins spirituels.

“ Nous avons lu avec plaisir le narré de vos différenies étapes vers la baie d'Hudson, et la réception cordiale que vous ont faite les bons sauvages qui habitent les solituces du nord, au fur et à mesure que nous arrivaient les lettres d'un de vos révérends compagnons; et nous nous unissions en esprit à ces populations indigènes, devenues les enfants de l'Eglise, dans leurs acclamations et dans l’expression de leur respect et de leur joie, en voyant en personne, pour la première fois, leur grand chef spirituel.

“ Nous sommes certains que Votre Grandeur se sent amplement dédommagée des fatigues et des misères de cette visite pastorale, en sa qualité de pionnier des grâces épiscupales dans ce vaste territoire, par le spectacle des nombreux

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