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bienfaits spirituels qui en découlent pour cette partie de son troupeau ; et nous avons la confiance que le Ciel protègera longtemps les jours précieux de Votre Grandeur, afin qu'elle puisse encore porter les bénédictions apostoliques jusqu'aux extrèines limites de son immense vicariat.
“ Pembroke, 14 août 1884. Signé au nom des paroissiens : J. Doran, W. Murray, Th. Murray, M. J. Gorman, À. J. Fortier, J. À. Thibodeau, E. Bédard, M.D. G. Desjardins.”
Monseigneur répondit à peu près en ces termes :
“ Mes chers amis, vous êtes heureux de mon retour au milieu de vous, croyez que je ne le suis pas moins de vous revoir. Pendant ce long voyage dans des solitudes profondes, j'avais résolu, afin de goûter quelques semaines de tranquillité et de repos, de bannir de mon esprit toute pensée du monde extérieur ; cependant, il en est une qui m'a suivi partout, c'est la pensée de mes diocésains et de mes paroissiens de Pembroke.
“ Je ne m'attendais pas à une semblable réception ; ccpendant je l'accepte volontiers, car je comprends qu'elle ne s'adresse pas à mon humble personne, mais bien à la personne des apôtres que vous voyez sous le vuile de mon caractère épiscopal. Elle témoigne de votre respect pour les ministres des autels et de votre amour pour la religion.
“ Oui, aimez toujours cette religion sainte, qui fait le bonheur des sociétés comme celui des individus. Jamais je n'ai mieux compris cette vérité, qu'en voyant les bienfaits sans nombre qu’elle a apportés à ces tribus errantes que nous venons de visiter. De quel abime de misères elle a retiré ces pauvres sauvages! Comme elle a rempli leur vie de consolations, de lumière et de saintes espérances !
Nous devons à Dieu de solennelles actions de grâce pour nous avoir préservés de tout accident dans ce traiet d'au moins quinze cents milles, dont plus de treise cents en canot d'écorce. Le voyage a duré 64 jours Nous nous sommes arrêtés 16 jours pour donner les exercices des différentes missions ; nous avons été sur la route 48 jours, et nous avons couché 42 nuits sous la tente,
Les endroits que nous avons visités sont Témiscamingue, Abbitibi, New-Post, Moose et Albany. Le nombre des sau-
vages catholiques appartenant à ces différentes missions peut s'élever à quatorze cents. Nous avons eu le bonheur de rencontrer la plupart de ces errantes ouailles ; nous avons été témoins de leur esprit de foi, nous avons pris connaissance de leurs besoins, et j'aiadministré le sacrement de confirmation à près de 250 personnes; nous avons vu, sur le théâtre de leurs travaux, le zèle de ces dévoués missionnaires qui ont évangélisé ces populations autrefois infidèles ; et nous sommes revenus apportant au fond de notre cœur un souvenir et un parfum d'édification.
“ Quant aux fatigues que nous avons eu à endurer, elles nous paraissaient bien minimes, lorsque nous considérions la hardiesse de ces traiteurs aventureux qui ont pénétré encore plus loin que nous dans les retraites de ces forêts sans limites, dans le seul but de recueillir une riche moisson de pelleteries ; leur but peut être bon, ils travaillent au soutien et à l'honneur de leur famille ; mais le nôtre était encore plus noble, nous allions enrichir des trésors les plus précieux de la grâce d'en haut ces âmes rachetées au prix du sang de Jésus-Christ.
“Je termine en vous disant: restons toujours unis, l'union fait la force. (C'est cette confiance mutuelle, cette bonne entente entre les brebis et le pasteur qui, pendant ces deux dernières années, nous a permis de travailler d’une manière si efficace à l'extinction de notre dette, ainsi qu’à l'avancement moral et intellectuel de notre population. Dans toute l’effusion de mon cœur, je vous bénis, vous et vos familles.”
Nous étions partis sous les auspices de Jésus-Hostie, le jour même de la Fête-Dieu ; nous revenions, au chant des premières vêpres de l’Assomption de la Bienheureuse Vierge, sous la protection de celle dont nous avions chaque jour répété les louanges aux échus des lacs et des forêts.
J. B. PRoULx, PTRE,