‹ À la façon de BarbariChapitre 17 sur 80 · LA FOLIE DU MOT · texte numérisé non relu

LA FOLIE DU MOT

ment. Renonçait-il complètement à son ancien sport?

— Les balivernes auxquelles je me suis adonné jusqu'ici sont accessibles à tous, répondit-il ; c'est un jeu trop facile, vraiment ! Je ne veux plus faire dorénavant que du grand art. Si je lance deux ou trois mots par an, je veux qu'ils soient de premier ordre — et je tiens surtout à les « envoyer » dans des circonstances spéciales, afin de ne pas être confondu avec les mille petits godelureaux dont les rédactions sont pleines.

... Puis il partit pour le Midi.

Après avoir exploré la côte provençale, Moyne se rendit en Corse où il ne tarda pas à épouser — douce comme une colombe et noire comme un corbeau — une jeune fille charmante.

Il y avait trois mois au plus qu'il était marié, lorsqu'un soir la mère de sa femme

ayant déclaré qu'elle avait mal à la tète, Moyne, avec sa coutumière galanterie, proposa aux deux dames une petite promenade en mer.

Tous trois s'embarquèrent dans une yole blanche ; la voile fut hissée, et, la brise étant favorable, ils dérapèrent aussitôt sous le regard bienveillant de la lune.

Ils naviguaient paisibleilient depuis une heure ou deux, lorsqu'ils aperçurent à bâbord un aimable petit .rocher.

— Arrêtons-nous ici ! chanta Moyne ; et il jeta l'ancre.

Descendus à terre, les voyageurs firent une promenade délicieuse parmi les cailloux argentés, et, comme la vieille dame s'éloignait pour un motif assez sérieux, Moyne brusquement mit sous le nez de sa femme un flacon qui lui ùta incontinent l'usage de ses sens.

Ayant pris sa compagne entre ses bras, l'ancien journaliste gagna le rivage à toutes jambes.

Déposer l'inanimée personne au fond do

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