‹ À la façon de BarbariChapitre 40 sur 80 · DE TRAITER LES CAMBRIOLEURS · texte numérisé non relu

DE TRAITER LES CAMBRIOLEURS

L'ami Paille avait invité à sa dernière chasse le baron de Laensberg, qui passe pour l'un des plus folâtres escogriffes de ce temps.

Rien dans les manières du baron ne dénote les qualités originales qui lui ont valu sa réputation. Extrêmement flegmatique, il parle peu et n'introduit en ses discours aucun des termes pittoresques qui sont habituellement l'apanage des impayables drilles. S'il apportait à la culture de sa barbe un peu plus de soins, et s'il lâchait de temps à autre sa vieille pipe de bruyère, je ne verrais vraiment aucun signe particulier à lui décerner.

Au déjeuner, néanmoins, il justifia ses titres en nous contant de la façon la plus simple une histoire assez extraordinaire, pourtant, et que voici :

— Je possède, fit le baron, entre autres châteaux, un manoir féodal aux environs de Lubeck.

Lorsque vous montez sur la terrasse de ce burg et que vous examinez la plaine d'alentour, vous ne tardez pas à apercevoir au S.-O., et à une distance d'environ trois kilomètres, une sorte de vieux pigeonnier.

Cette tour, messieurs, communique au castel par un souterrain — et c'est apparemment par ce chemin de taupes que mes braves aïeux prenaient le large lorsqu'ils étaient trop durement assiégés par leurs collègues.

J'ai, tel un vieux castor, réuni dans le manoir ancestral la plupart de mes collections, tableaux, armures, estampes, tapisseries...

Or, comme je n'habite que fort rarement ce nid d'aigles et que je lui préfère, modeste vagabond, les divers Terminus des deux

Page 1