‹ À la façon de BarbariChapitre 58 sur 80 · UN SALOMON NORMAND · texte numérisé non relu

UN SALOMON NORMAND

La scène se passe à la mairie de Bagnodville (Calvados]), salle de la justice de Paix.

Le Juge de Paix. — Accusé, levez-vous.

Le Prévenu. — Voilà, voilà, monsieur le juge...

Le Juge de Paix. — En ouvrant le Messager normand du 17 juillet, j'y lis l'entrefilet suivant : « Un acte inqualifiable a été commis, mercredi dernier, non loin du hameau de Goy, au préjudice de maître Lefoulon, fermier. Cet honorable cultivateur se rendait à son étable pour y visiter ses veaux, lorsqu'il constata qu'un jeune abricotier récemment planté près de la bergerie était détruit.

228 A L\ FAÇON DE HARBARl

Un audacieux malfaiteur avait versé du vitriol au pied de l'arbuste, afin de le faire périr. Le sieur Antliime Ducrocq, manouvrier, qu'on a vu rôder dans les environs de la ferme, est fortement soupçonné... » — Voilà ce que je trouve dans le Messager du 17, accusé ! Or, le sieur Anthime Ducrocq, c'est vous !

Il est prouvé que vous avez acheté du vitriol le 14 juillet, et des témoins dignes de foi vous ont vu muser près de la ferme. Vous dissimuliez quelque chose sous votre blouse... Il n'y a donc aucun doute : vous êtes bien l'auteur de la déprédation signalée ! — Qu'avezvous à dire ?

Le Prévenu. — Rien, monsieur le juge...

Le Juge, se tournant vei^s le greffier. — Attendu que le sieur Ducrocq, manouvrier, a acheté, le 14 juillet, un litre de vitriol dont il n'a pu justifier l'emploi; attendu qu'un abricotier appartenant à maître Lefoulon a été détruit au moyen de ce liquide corrosif, et que ledit sieur Ducrocq a été vu rôdant aux

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