‹ À la façon de BarbariChapitre 6 sur 80 · VENEZ A LA CAMPAGNE · texte numérisé non relu

VENEZ A LA CAMPAGNE

un grand d'Espagne, s'est fait prier, supplier. « Il avait des affaires à terminer... il n'osait me promettre pour l'instant... un peu plus tard, il tâcherait... »

Après trois ou quatre contre-ordres, pourtant, il se décida à me télégraphier ceci :

« Arriverai sans faute, demain onze heures; attends-moi. »

A lu heures 45, j'étais sur le quai du chemin de fer, le doigt sur la gâchette de l'étui, prêt à offrir le cigare de la bienvenue.

Le train arriva eniin. Des dames surchargées de paquets débarquèrent avec des cris de pintades; puis des hommes bottés de fauve, puis, de quelconques quidams... Mais Gaspard n'était pas là.

(( Mon imbécile s'est mis en retard )),.pensai-je ; et j'attendis philosophiquement l'express de 11 h. 22.

L'express déposa chez nous quelques gentlemen, au nombre desquels Gaspard ne figurait pas.

Au train de 12 li. 15, Gaspard s'était également abstenu.

Restait le rapide de midi 40.

Celui-ci arriva comme une bombe, souffla, cracha, siffla et poursuivit sa route sans avoir semé le moindre Gaspard en nos parages.

Exaspéré et mourant de faim, je repris le chemin de mon home...

Avec la brutalité d'un sanglier ivre, j'ouvre la porte de la salle à manger, et, savez-vous qui je trouve, installé devant un excellent moka et parfaitement repu déjà? — Gaspard!!!

— Ah! bien! mon vieux, elle est raide, celle-là !...

— Je te croyais retenu ailleurs, fit Gaspard. Ne te voyant pas arriver, je me suis fait servir à déjeuner,. i Tu ne m'en veux pas?

(Notez qu'il avait dévoré tout le melon!)

— Gomment! hurlai-je, comment, je ne t'en veux pas ! Entre nous deux, désormais, se dresse l'impitoyable vendetta ! Partout où

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