‹ À la façon de BarbariChapitre 8 sur 80 · UNE VRAIMENT VIEILLE BLAGUE · texte numérisé non relu

UNE VRAIMENT VIEILLE BLAGUE

Les Egyptiens, ainsi qu'on s'en convaincra en aval de ce récit, n'étaient nullement ennemis de la rigolade. Nous retrouvons, sur les papyrus qu'ils nous ont laissés, nombre de caricatures qui, tant par l'ingéniosité des formules que par la précision du trait, seraient dignes de figurer dans les meilleurs albums de Garan d'Ache.

Ge qu'on ignore trop, — pour mieux dire, absolument, — c'est que la fumisterie, considérée par nous comme un art tout moderne, était fervemment cultivée au temps de Sésostris et de ses collègues — et que des centaines d'humoristes florissaient déjà sur les bords

du Nil, il y a trois, quatre et cinq mille ans ! — Ceci corrobore une fois de plus la parole du vieux Salomon : « Le soleil s'éteindra sans avoir constaté la moindre nouveauté à la surface de notre misérable planète. »

Pour étayer ces brèves affirmations, souffrez que j'exhume à votre intention une petite blague plusieurs fois millénaire — et que je vous la serve couverte par la poudre des temps, telle une vénérable bouteille.

Accompagné de ses élèves, Trupe et Lemol, l'éminent professeur Gueny de Mussigrec se promenait. Tan dernier, sur la route qui reliait jadis la ville de Thèbes au pays actuellement gouverné par Menelick, lorsque son attention, toujours en éveil, fut brusquement sollicitée par un corps dur qu'il avait heurté du bout de son soulier.

Il s'agissait d'un morceau de granit presque complètement ensablé.

Pioches et pelles furent aussitôt tirées des trousses et nos voyageurs se convertirent, sans plus de façons, en terrassiers.

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