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ASTOR, LENOX ,AND TiLDED FOUNDATIONS.
milanais revint dans sa ville natale en regrettant, non pas ses blessures, mais son pauvre caniche, avec lequel il avait partagé bien des souffrances et bien des malheurs.
Un an s'était écoulé, et le soldat, rentré dans sa famille, avait, pour ainsi dire, oublié l'objet de son chagrin. Un jour, pourtant, les gens de la maison virent arriver le fantôme d'un animal, qui jadis avait dû être un chien, mais qui, à coup sûr, ne méritait plus ce nom : c'était quelque chose de hideux, qu'on chassa sans pitié, malgré les cris plaintifs que le pauvre être faisait entendre.
A ce moment, l'ex- caporal revenait d'une promenade en ville et vit s'avancer vers lui, en rampant sur le sol, ce quadrupède infortuné qui lui vint lécher les pieds en poussant de sourds gémissements. Il l'écarta assez rudement, et il allait peut-être débarrasser ce singulier visiteur du reste de la vie qui paraissait l'animer, quand, se ravisant, il examine avec plus d'attention certaines marques, certains indices particuliers de cet hôte qui lui fait fête.
11 prononce le nom de Moffino, et voilà que l'animal se relève, pousse un joyeux aboiement et retombe épuisé de faim, de fatigue et peut-être, devrait-on ajouter, d'émotion. ^ •- '
Son maître, qui l'a enfin reconnu, s'empresse auprès de lui, le secourt, le ranime, le sauve, en un mot.
* Cette traversée de plus de la moitié de l'Europe, entreprise par un animal qui n'a pour tout guide que sa merveilleuse intelligence; ces fleuves, ces montagnes, franchis par un faible être au prix de souf-
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frances terribles, tout cela tenté pour retrouver son maître, n'est-ce pas une chose digne de l'admiration de tous?
C'est encore pendant la retraite de 1812 que se place la touchante histoire du cheval du grenadier.
Un officier de grenadiers de la garde impériale n'ajvait pas voulu, même aux moments les plus douloureux, se séparer de sa bête. Il avait juré de regagner la France ou de mourir avec elle dans les steppes glacés de la Russie.
Un jour, l'officier s'était éloigné de son détachement et se trouvait complètement écarté du gros de l'armée, à la nuit tombante, lorsque son cheval fit un faux pas. Le cavalier, désarçonné, tombe et se luxe la rotule, et sa douleur est si vive, que la force lui manque pour se ^ remettre en selle.
Voyant les tentatives de son maître inutiles, le cheval plie le genou, se baisse autant qu'il peut, et fait si bien que l'officier peut se hisser sur son dos, après de douloureux efforts. Puis la bête se relève lentement, avec précaution, et regagne son détachement.
Ce fut par d'autres qualités que celles du cœur que Dagobert, chien du régiment surnommé « l'officier payeur », mérita de figurer dans les chroniques militaires du second Empire.
Son histoire est assurément une des plus curieuses de ce recueil.
Un régiment de ligne caserne à Paris avait adopté un vieux barbet fort intelligent, que les soldats, à cause de son air piteux, avaient surnommé Dagobert.
L'officier chargé de la partie administrative du régiment s'aperçut des qualités extraordinaires de Dagobert, et, après quelques semaines
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d'éducation, il lui confia chaque jour la mission d'aller payer les petits fournisseurs et de rapporter la quittance.
Un jour, donc, Dagobert, porteur d'un petit sac d'écus, vaquait à ses occupations habituelles, lorsqu'au coin d'une rue il tomba au beau milieu d'une bataille de chiens. Une bataille! Quel chien résisterait à la tentation d'y prendre part? Mais notre héros était sage, prudent, honnête. Avant d'entrer dans la mêlée, il alla cacher sa bourse parmi des matériaux amassés en face d'une maison en construction.
Puis il fit son devoir de chien vaillant. Seulement il y mit tant d'ardeur, que, quand le combat fini, l'ennemi mis en déroute, il voulut reprendre son sac d'écus, il lui fut impossible de se rappeler où il l'avait mis. Il chercha jusqu'au soir. Enfin, l'oreille basse, il revint au quartier.
Vous devinez quelle correction il reçut! Il alla ensuite, sans souper, se coucher dans sa niche.
Le lendemain, ce ne fut pas fini. Les soldats se livrèrent à mille plaisanteries sur son compte. On lui criait :
« Dagobert a mangé la grenouille ! »
Ce qui veut dire, en la circonstance, qu'on a dilapidé les fonds qu'on vous a confiés.
Dagobert était désespéré.
Soudain, un matin, il s'éveilla tout joyeux. 11 s'était souvenu brusquement de l'endroit où il avait caché sa bourse. 11 s'élança; en quelques minutes il eut retrouvé le champ de bataille, les matériaux de construction,... le sac d'écus.
Une heure après il revenait, avec la facture acquittée.
Mais il était resté trois jours sans manger.
Ce bel exemple de probité et de conscience finit dignement le chapitre des gloires militaires du monde animal.
Nous allons voir maintenant nos amies les bêtes à l'œuvre dans les actes de la vie ordinaire. Nous constaterons à chaque page qu'ils sont dignes de toute notre sympathie, souvent de toute notre reconnaissance, et que, s'il existait des prix Montyon pour animaux, les hommes n'auraient aucune peine à les distribuer.
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Le /)ar/v/ Daçrobert.