‹ A la grand'pinteChapitre 10 sur 103 · CHANSON D'AUTOMNE · texte numérisé non relu

CHANSON D'AUTOMNE

Ah ! quelle bonne odeur de lard,

Dans cette auberge

Où l'on n'héberge

Aucun richard !

Lorsque, fatigué de la route.

On veut s^sseoir, On entre là boire une goutte,

Matin ou soir.

L'enseigne est une grande branche De houx, qui penche

Son rameau vert.

Et, dans cette humble maisonnette

Toujours proprette,

L'été, l'hiver, Est une hôtesse hospitalière,

Jadis fermière...

Mais à présent Elle n'a plus que son courage.

— Halte ! au passage,

Chemin faisant.

Tout le monde l'aime. — Elle donne

Plus que personne,

Pauvro pourtant...

Nul ne peut frapper à sa porte

Sans qu'il ne sorte

Toujours content.

Belle brune aux allures franches,

Poings sur les hanches

Comme au marché; Pour tous les amants qu'on lui donne ,

Dieu lui pardonne,

Si c'est péché.

— Entrons souper, la nuit est fraîche.

Rien ne m'empêche,

J'ai pour payer !

Un joyeux feu de sarments brille,

Flambe et pétille

Dans le foyer.

Le corps des vignerons s'assemble

Ils vont ensemble

Pour boire un coup ; Pendant que, comme en un Vésuve,

Bout dans sa cuve Le vin trop doux.

Aux éclats des voix et du rire,

La poêle à frire,

Au chant joyeux, Mêle son chant à ce qu'on chante ;

L'horloge lente

De nos aïeux Daus sa gaine hat la mesure ;

La bise jure,

L'automne est froid, L'hiver vient.,, la feuille s'envole...

Je m'en console

Dans cet endroit.

— Bonsoir ! J'ai grand soif, belle hôtesse.

La soif me presse

Comme la faim.

Servez-moi donc une grillade,

One salade

Et du bon pain; Un cruchon plein, à ventre énorme,

Splendide forme

En ce seul cas ; Pour qu'ici ceux qui sont en fête

Me tiennent tête

A mon repas.

L'hôtesse alors servit huit verres.

Six gens sincères,

En bourgerons, M'offrirent, sans cérémonies,

Six mains brunies

De vignerons.

— A la santé de la fermière

Hospitalière,

Bonne surtout !

Je lui fis cette chansonnette

Quelle répète

Depuis partout.

Ah ! quelle bonne odeur de lard,

Dans cette auberge

Où l'on n'héberge

Aucun richard ! . . .

Lorsque, fatigué de la route,

On veut s'asseoir, On entre là boire une goutte,

Matin ou soir.

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