SOLITUDE
Capricieuse destinée !
J'ai perdu, la même journée,
Et mon amour et mon oiseau.
Ma maîtresse s'en est allée....
L'alouette s'est envolée...
Je reste comme en un tombeau.
Quel silence dans ma demeure !
L'horloge ne marque plus l'heure, Mon asile est abandonné — Ils liront laissé là, seul et triste.
Qu'ils reviennent, si Dieu m'assiste, Et tout leur sera pardonné.
Demandant le pourquoi des choses, Je cherche à m'expliquer les causes De ce subit éloigneraient.
N'y comprenant rien, je m'arrête; Mais, malgré moi, ma pauvre tête Y rêve encore à tout moment.
Oh ! c'est eu vain que je réclame...
Ma maîtresse n'avait pas d'âme !
Mon oiseau pas d'attachement....
Ils m'étaient arrivés ensemble; Et, ce que le hasard rassemble, S'éloigne aussi facilement.
Par malheur, je me remémore L'oiseau qui chantait dés l'aurore,
Elle, du matin jusqu'au soir. Les murs prenaient un air de fête !
Mon illusion toujours prête, Teintait de rose le coin noir
Que dirai-je ? on ne pourrait croire Qu'un bonnet laissé dans l'armoire, Un seul petit bonnet, enfin, M'a fait pleurer !... Pleurer, uu homme ! Mais aussi, rien n'attriste comme
Malgré ces semblants d'allégresse, La vie était rude sans cesse, Et le bien-être nul pour eux.
Leur gaîté masquait ma tristesse,
— Mon allouette et ma maîtresse.
Ayez meilleur sort toutes deux.
— Hélas ! hélas ! où peut-elle être?.
Grande ouverte était sa fenêtre, Comme la cage du moineau.
J'aimais beaucoup mon allouette,
Et toutes deux je les regrette; Mais plus la femme que l'oiseau.