‹ A la grand'pinteChapitre 16 sur 103 · LE BOURDON · texte numérisé non relu

LE BOURDON

Les froids sont passés. — J'en suis sûr.

J'ai vu le bourdon apparaître

Sur le lilas de ma fenêtre.

Le bourdon ! aux ailes d'azur,

Frais éclos, veste diaprée ;

Trépignant, la mine affairée,

Luisant et d'un noir de velours;

11 était en grande livrée,

Cet ambassadeur des beaux jours.

Quelles nouvelles, sur sa route, Raconte-t-il à mon lilas?

S'il bourdonne, alors je l'écoute; Mais j'entends et ne comprends pas.

Quand il se pose et se recueille.

Il lui dit peut-être, tout bas :

L'espoir s'entrouvre avec ta feuille.

Ou : Bonjour, l'ami, je suis las.

Ou toute autre chose. — Il s'envole !

Adieu, messager du printemps.

Chargé d'annoncer le beau temps, Montrez-vous à ceux qu'il console.

— Déjà la plaine est vaporeuse; Dans cette atmosphère brumeuse Le soleil darde ses rayons.

Malgré ses torrents de lumière, On voit sur la nature entière Ainsi qu'une immense poussière — Dans ces vapeurs en fusions

Les cieux se mêlent à la terre :

Tout se confond aux horizons ; Tout fermente et se régénère :

Et, pendant ce divin mystère, Tout est murmures et chansons !

Tout renaît, tout s'émeut, tout pousse Tout verdoie, espère ou fleurit.

Les bois sont tout couverts de mousse Et mars, comme mai, nous souri'..

— Giboulée ! adieu, tout rayons La charmille ou l'arbre bourgeonne, Et le ciel est couleur d'étain.

Adieu toutes les cheminées !

Nous aurons de chaudes journées —

— J'ai vu le bourdon ce matin.

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