‹ A la grand'pinteChapitre 15 sur 103 · L'ORPHELINE · texte numérisé non relu

L'ORPHELINE

Si j'étais la chevrette blanche Qui passe, une clochette au cou,

Chaque dimanche

Lorsque je couds...

Quel temps superbe !

Comme j'irais

Courir dans l'herbe

Et les forêts !

Je me souviens d'une montagne Où je restais, voici longtemps,

A la campagne Dans le printemps...

Quel temps superbe !

Comme j'irais Courir dans l'herbe Et les forêts !

Au pied d'une haute muraille, Du soleil je n'ai qu'un reflet,

Quand je travaille

A mon ourlet.

Quel temps superbe !

Comme j'irais

Courir dans l'herbe

Et les forêts !

L'oiseau qui descend, me console Dans la cour humide où je suis,

Alors qu'il vole

Auprès du puits.

Quel temps superbe !

Comme j'irais

Courir dans l'herbe

Et les forêts !

Depuis six ans... toute l'année, Et toute seule en un coin noir,

Chaque journée

Et chaque soir...

Quel temps superbe 1

Comme j'irais

Courir dans l'herbe

Et les forêts l

Comme la petite chevrette, Si je pouvais aller aux champs

Où l'alouette

Redit ses chants !

Quel temps superbe !

Comme j'irais

Courir dans l'herbe

Et les forêts !

Madame ne veut pas qu'on sorte, Et je n'aurai que dans trois ans,

Avec la porte

La clef des champs.

Quel temps superbe !

Comme j'irais

Courir dans l'herbe

Et les forêts !

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