‹ A la grand'pinteChapitre 42 sur 103 · BON CŒUR · texte numérisé non relu

BON CŒUR

Roi de l'espèce humaine, ayant toute puissance ! Parlez ï que voulez-vous? — Accourez, tas de gueux ! Je donne ce que j'ai, cela me rend heureux; Je ne jouis de rien que de ma bienfaisance.

— Il est fou, je le dis tout bas;

Surtout, ne le guérissez pas !

Préférez-vous les bois, préférez-vous les ondes; Voulez-vous des forêts, des fleuves ou des mers? Seul je puis disposer de tout dans l'univers. Choisissez, demandez; je suis le roi des mondes !

— Il est fou, je le dis tout bas; Surtout, ne le guérissez pas.

Voulez-vous l'Océan ou la Grande-Bretagne ?

— Ou les Etats-Cnis? — ISTe les acceptez pas

Tout ce monde ne vaut un peu du nôtre, hélas ! — Voulez-vous l'Italie, aimez-vous mieux l'Espagne?

— Il est fou, je le dis tout bas; Surtout ne le guérissez pas.

Voulez-vous ou la Suisse, ou l'Autriche, ou la Prusse? Voulez-vous l'Allemagne avec le Rhin pour vous? La Turquie ou l'Egypte, ou les pays Indous ? Aimez-vous mieux la Chine ou bien l'empire Russe?

— Il est fou, je le dis tout bas; Surtout, ne le guérissez pas.

Mais simples dans vos goûts, peut-être un parc immense, Des jets d'eau, des étangs, un palais marbre et or, Des fêtes jour et nuit, un infini trésor Vous plairaient seulement. — Profitez de la chance !

— Il est fou, je le dis tout bas ; Surtout, ne le guérissez pas.

Je puis distribuer les titres, la richesse;

Tout, hormis le génie. Ha ! c'est un grand malheur !

J'aurai bien embelli l'œuvre du Créateur...

Je suis tout bonnement : Roi de l'humaine espèce.

— Il est fou ! — Mais parlons plus bas ; Amis, ne le guérissez pas.

Quand je vous offre tout, nul de vous ne s'avance? Tas de gueux ! Allez-vous me faire autant souffrir ? C'est pour moi le bonheur que de tout vous offrir... Finissons ! — Acceptez. — Je vous offre : la France !

— C'est un chauvin! — Mais parlons bas...

Ces fous-là ne guérissent pas.

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