‹ A la grand'pinteChapitre 58 sur 103 · CONFIDENCE · texte numérisé non relu

CONFIDENCE

Regarde-le, ma bonne sœur; tiens, le voilà !...

Je suis troublée et mon cœur bat dès qu'il s'avance ;

Dès qu'il s'en va, je le regrette; et le silence

Qui règne alors, me fait pleurer. — Pourquoi cela?

— Enfant, c'est de l'amour! 11 faut y prendre garde. Comment as-tu connu ce garçon singulier?...

— Une fois, en passant, et je crois par mégarde, Il m'a fait un salut, en montant l'escalier.

Il ne t'a pas parlé? — Non, ma sœur, je te jure.

— II ne t'a pas écrit? — Hélas! non, encor moins.

— Alors deviendrais-tu folle, par aventure,

Et de quelque docteur te faudra-t-il les soins ?

— Ecoute tout, ne gronde pas ! Dans mes prières,

Je pense à lui plus qu'à Dieu même ! En mon sommeil J'ai cru sentir comme un baiser sur mes paupières Qui me brûlaient encor, ma sœur, à mon réveil.

— Oui, c'est bien de l'amour ! — Que veux-tu que je dise? Quoi faire ? Je ne sais rien de ce cavalier.

— Si tu peux l'oublier, que Dieu te favorise De ne jamais le voir remonter l'escalier.

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