NOUVELLE-ORLEANS
Vous, qui peut-être, hélas ! ne pensez plus à moi, Amis, je pense à vous, je vais dans vos demeures* Que me font les saisons, les ans, les mois, les heures Et votre éloignement? Je vous aime et vous voi ..
Les senteurs que la brise enlève à la prairie, Les plaintes du grand vent le soir dans les maisons, La chanson de la bûche au milieu des tisons, Transportent mes esprits. dans ma chère pairie.
Il me semble parfois que vous n'êtes pas loin ! Avec un peu de vous je puis constamment vivre ; Ou j'entends votre chant, ou je lis votre livre, Ou je vois vos tableaux gravé?, dans chaque coin.
Le cheval au galop, qui s'allonge et qui passe, Dit à mon cœur : Je vais où tu voudrais aller; L'oiseau lui dit : Je vole où tu voudrais voler; Le grand trois-mâts lui dit : Je traverse l'espace (1).
Et je reste. — Adieu donc ! — Mais du sol étranger Vers vous je tends les bras, car je me désespère... Pourtant heureux encor, dans ma douleur amère, A vous, mes bons amis, de penser et songer.
Nouvelle-Orléans.