DE LA RUE AU BALCON
— Pour vous voir, belle enchanteresse, De tous les quartiers, à présent, La fleur des pois de la jeunesse En plein hiver reste au grand vent, Et beaucoup des heures entières.
Là, par le froid les nez rougis Ont l'air d'adresser des prières Aux balcons de votre logis.
Hélas! vous trompez notre attente, Madame, vous ne sortez pas.
Je marche, vous attends, et tente Ce chant, pour mieux régler mon pas. . . — Daignez donc recevoir l'hommage De ma voix qui jamais ne ment.
Certe il est de plus doux langage, Non de plus sincère, vraiment.
Du philosophe Pytbagore J'aime les atomes crochus.
Chacun son goût. — Je dis encore Que j'y crois si l'on n'y croit plus.
Eh I bien, madame, vos atomes Sont si crochus et si puissants, Que ces milliers de petits gnomes S'accrochent au cœur des passants.
Je suis harponné!... — Ma pensée S'envole vers vous nuit et jour.
Hélas ! d'un fol espoir bercée, Ma raison cède à mon amour.
— loi —
Comme une fée à son passage, Montrez-vous, être si charmant !
Il me semble qu'un beau visage Est comme un astre au firmament.
En vérité j'ai peu de chance...
Vous êtes trop belle, pourquoi?
Encor si Dieu dans sa clémence Vous eût fait laide exprès pour moi.
Mais pour tous, chose malheureuse, Vous êtes le type du beau.
Pourquoi n'êtes-vous pas affreuse ?
Dites, ô cauchemar nouveau !
Vous souriez ; votre sourire A lui seul vaut tout un sérail, Dès que l'on voit les perles luire De votre bouche de corail. Si vous marchez, vos plis de robe Ont tous Tair d'être intelligents ; Jamais aucun d'eux ne dérobe De votre grâce aux yeux des gens.
Si vous chantez, sur la fenêtre Le rossignol du fond des bois Doit vous écouter, joli maître, Pour perfectionner sa voix.
Malgré tant de beautés, madame, Où vous êtes plus belle encor, C'est quand il s'agit de votre âme