‹ A la grand'pinteChapitre 8 sur 103 · SAINT-GRATIEN · texte numérisé non relu

SAINT-GRATIEN

Coup d\cil à travers une grille.

Voici la maison, le jardin Où les sentiers bordés de thym, Embaumaient jusqu'à ma pensée !

Alors que j'allais, le matin, Suivant et perdant en chemin, Ma chansonnette commencée.

Et novembre a tout éclairci, Les buissons et les gens d'ici ; Plus de feuilles, plus de famille.

Je vois les murs de ce jardin, Que les noisetiers, eu gradin, Masquaient d'une épaisse charmille.

11 me semble que la maison Me reproche son abandon ; Surtout l'humble perron de pierre. Ses portes, ses volets fermés, Naguère aux chants accoutumés, Sont mornes comme un cimetière.

Voici le gazon, vert encor,

Où mes amis sonnaient du cor,

En chœur, pendant les soirs d'automne.

La bise bruit à présent,

Se plaint comme un agonisant,

Et la feuille au loin tourbillonne.

On est parti, l'hiver venant 5 Et seul, je reviens maintenant Voir d'où la gaité s'est enfuie.

J'aime à contempler tout cela — L'escarpolette est encor là, Sa corde noircie à la pluie.

A terre est resté le pompon Dont j'ornementais un ânon, Les jours de grande cavalcade !

Pauvre oripeau fané, roussi, Dans les bois de Montmorency, Tu brillais comme une grenade.

— Mlons ! passons notre chemin...

Adieu maison, adieu jardin.

— Un bon souvenir est encore Ainsi qu'un ami sans pareil, Ou comme un rayon de soleil Où l'amertume s'évapore.

— Asile où je fus abrité Par la grâce et par la bonté 5 Murs et maison couverts de lierre, Endroit de joie et de bonheur,

Je vous ai gravé dans mon cœur, Avec l'hôtesse hospitalière.

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