‹ A la grand'pinteChapitre 7 sur 103 · RETOUR · texte numérisé non relu

RETOUR

Grands arbres, dont, l'ombre autrefois Abrita mes jeunes années, Lorsque je passe et vous revois Après autant d'heures sonnées...

Quand j'entends vos bruissements Sous vos coupoles de verdures, Arbres, tous mes gémissements Se mêlent à tous vos murmures.

Vignes et champs qui m'entourez, Je reviens des plages lointaines Maisons, jardins, cours d'eaux et prés, Petits sentiers et grandes plaines ; Où sont-ils ceux-là que j'aimais?

Leurs traces sont même effacées...

Je ne les reverrai jamais Qu'aux doux reflets de mes pensées.

Alors que sur les gazons verts

Elle passait mignonne et rose,

Ses grands yeux étaient entrouverts,

Sa petite bouche mi-close.

Ah ! comme il est loin le beau temps

Où je l'attendais au passage.

Nos amours, comme le printemps, Rayonnaient sur ce paysage.

Grands arbres, bois, vignes et prés, Quand l'ombre de la nuit commence, Brumeux sous les cieux empourprés, Vous cbantez un cantique immense.

C'est alors que devant mes yeux Défilent les ombres discrètes De ceux qui m'aimaient en ces lieux Et dont les tombes sont muettes.

— Allons ! éloignons les chagrins ; A quoi bon s'attrister sans cesse?

La tristesse Est la mère des maux humains.

Eh ! mieux vaut un chant d'alouette Qui planant sur les blés nous jette Dans les airs ses joyeux refrains.

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