LES PINS
O pins ! énormes fûts, titans des forêts vierges, Vous qui dressez vos fronts dans l'air superbement, La terre est votre autel et vous êtes les cierges Qui la nimbez sans fin de votre verdoiement.
Quand le vent hiémal s'allonge sur la cime Des bois découronnés par son souffle émondeur, Vous gardez, si le gel les rouille et les décime, Sur vos robustes bras l'éternelle splendeur.
Que décembre se voile ou que juin étincelle, L'air s'imprègne de vos arômes infinis ; Vous jetez les senteurs que votre ombre recèle L'automne, dans la brise, et l'été dans les nids.