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A l'ouverture du Congrès de Chirurgie, M. le Professeur Richelot, vice-président de l'Association française de Chirurgie, remit à M. Jules Boeckel, au nom de ses amis, de ses élèves et de ses admirateurs, une splendide plaquette, dûe au sculpleur alsacien Schultz.
M. Richelot salua M. Boeckel en ces mots
* Mon cher ami,
L'Association française de chirurgie, en vous demandant de présider notre XXXe Congrès, a voulu rendre hommage à vos travaux, elle a voulu aussi vous montrer notre:affection profonde. Mais la présidence d’un Congrès c’est bien vite passé. Comment faire pour laisser quelque trace des instants trop courts que nous allons passer auprès de vous, et surtout perpétuer le souvenir. de ce que vous avez fait pour nous tous, pour la France-! Vous avez souffert, vous avez couru des dangers, vous avez yécu sous une pénible étreinte ; mais toujours, présent ou absent, vo.s étiez au milieu de nous, et votre nom, respecté et chéri, relevait nos courages et nous rendait l’espoir. Couronnée par une si longue et douloureuse épreuve nulle carrière ne fut plus belle et plus pure que la vôtre.
« C’est tout cela que résume cette médaille que nous vous offrons. Ce n’est pas nous seulement c'est ausi bien des confrères étrangers qui ont apporté leur contribution pour vous l’offrir avec nous. Voilà pourquoi, sans doute, elle est si belle et si lourde ; c’est qu’elle est lourde de notre amitié ! »
M. Lentz, chirurgien honoraire des hospices civils de Metz, vint ensuite dire les sentiments de gratitude et d'affection des élèves de M. Boeckel :
Mon cher Maître,
. Au nom de mes collègues, vos anciens internes, je tiens à
Vous dire combien nous sommes heureux et fiers de cette jour-
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née à jamais mémorable dans notre existence, heureux de saluer en notre maître le président de l'Association française de chirurgie dans Strasbourg redevenue française, fiers de nous associer au geste de l’Association qui à bien voulu nous autoriser à collaborer au souvenir, qui vient de vous être offert.
« Ce souvenir qui dans nos pensées, à nous, vos internes, devait vous être remis en toute intimité dans votre vieille salle 105, en 1914, alors qu’un règlement stupide vous forçait à faire vos adieux au service, témoin de vos exploits et de notre activité commune, témoin aussi des splendeurs d'autrefois, où, sous l'égide des gloires les plus pures de la chirurgie française des Sédillot, des Eugène Boeckel, vous faisiez vos premières armes.
« Mais la guerre survient, vous quittez l'Alsace pour endosser votre uniforme d’aide-major, religieusement conservé, et reprendre votre service après une interruption de quarante-quatre ans impatiemment supportée, aux ambulances de Lyon.
« Nos regards se tournent vers vous avec fierté, et, le diraije, aussi avec envie ; car, moins heureux que vous, il nous était impossible de vous suivre,
«Vous nous revenez, en 1918, votre képi orné de quatre galons, à la suite de l’entrée triomphale de nos incomparables poilus dans votre ville natale à jamais délivrée de la botte des barbares. at
« Dès lors, il n’est plus question de fête intime à la salle 105, loin du regard du Boche, c’est dans le Palais de l'Université où sont réunis les plus grandes gloires de la chirurgie française qu’il nous est donné de nous associer au geste de vos collègues, de fêter notre vénéré maître de lui dire notre inlassable reconnaissance. »
M. Jules Boeckel prit le dernier la parole
L'insigne honneur que vous venez de me faire, m'émeut au delà de toute expression. J’en éprouve surtout une extrême confusion, car je me demande qui a bien pu vous inciter à accomplir ce beau geste en ma faveur. |
Je ne veux pas tarder à vous en exprimer mes re-
merciements les plus émus. Mais quelles paroles trouverai-je, mon cher Président, et vous tous, Messieurs, pour répondre à celles que vous avez eu la grande amabilité de m'adresser.
Je suis loin d’avoir votre éloquence, mon cher Président. Mon émotion d’ailleurs annihile ma pensée el m'empêche de traduire, comme je le voudrais, les sentiments qui m'animent en ce moment.
Quoiqu'il en soit, une chose est certaine. /Vous avez voulu me faire plaisir, Messieurs. Laissez-moi vous dire que vous avez réussi sous tous les rapports et avec quel succès.
Et pour parler, lout d'abord, de l’exécution matérielle de ce chef-d'œuvre, je voudrais que mes félicilations allassent aux artistes distingués qui en ont été chargés.
Quant à la délicate ou que vous avez eue de faire graver ces quelques mots, comme signature,
sur les revers de cette superbe médaille, elle me va au
cœur. J'y attache, croyez-le un grand prix ; elle me prouve que j'ai, parmi vous, de vrais amis, des collègues charmants, ce que j'étais loin d'ignorer, des élèves d'une fidélité inlassable.
Permettez-moi, maintenant, mes chers Collègues, de vous dire ma pensée au sujet de l'inscription.
Au chirurgien d’abord !
Ayant eu, très jeune, une véritable passion pour la chirurgie — et certainement, je ne suis pas le seul, parmi vous, qui ait éprouvé ce sentiment — je l'ai cultivé avec amour et m'y suis voué corps et âme.
Et si, pendant ma carrière déjà fort longue, j'ai pu faire quelque bien, c'est aux maîtres éminents que J'ai eu le bonheur d'avoir pour guides, pour conseillers, que j'en suis redevable.
J'ai cherché à m'inspirer de leur exemple, à suivre leurs préceptes, à respecter leurs traditions.
Au patriote !
Eh, mon Dieu, il ne m'a pas été difficile de l’être, de le rester et — l'horreur des Boches aidant — d’exalter ce patriotisme, de le prouver surtout, non par de vains discours, de stériles démonstrations, mais par des actes qui ne m'ont semblé que fort nalurels.
De cela je n’ai pas le moindre mérite, et tous ces éloges sont superflus.
ne président du XXXe Congrès français de chi-
rqie, tenu dans Strasbourg reconquise.
À juste titre — et je partage votre sentiment, oh !
nbien ! — vous avez voulu glorifier une fois de de — l'on ne saurait trop s'y reprendre — notre vaillante armée, nos braves poilus, les chefs incomparables qui leur ont montré le chemin de la victoire, celle victoire qui nous permet aujourd’hui de tenir Le XXX- Congrès français de chirurgie dans Strasbourg reconquise.
Puis en m'appelant à le présider, vous avez tenu à
me témoigner votre sympathie, cette sympathie dont,.
à maintes reprises, éclalants.
Car je n’ai garde d'oublier que toujours vous m'avez traité en frère, que de tous temps vous m'avez considéré comme un des vôtres.
Yest cette pensée, cette certitude qui, pendant la longue el douloureuse période que nous avons dû subir, m'a soutenu, réconforté, encouragé.
De cela, aussi, mes chers amis, je vous garde, depuis fort longtemps, une reconnaissance infinie.
Merci donc, encore une fois, à vous tous, Mes-
vous m'avez donné des gages si
11 Mars 1928
sieurs, qui m'avez fait le grand honneur de prendre part à celte inoubliable manifestation.
J'en conserverai jusqu'à mon dernier souffle, soyez-en cerlains, le plus doux, le plus précieux des
souvenirs.
Les principales dates de la vie
du D' Jules Boeckel
1868 Externe de l'hôpital civil de Strasbourg (Ancienne Faculté de Médecine française), Service des Pro Sédillot, Rignaud, Stoeber, Gross, Küss.
1869-70 Préparateur d'anatomie (Cours de Mathias Dur
1870 Interne de l'hôpital civil de Strasbourg, (Anc. Faculté de Médecine française), Service des professeurs Rignaud, Gross, E. Bœckel, Hecht, Schutzenberger.
Campagne de 1870-71, Aide-major de 2° classe au 8 régiment de marche de dragons.
1872 Docteur en médecine, (Anc. Faculté de Médecine de Strasbourg et de Nancy, après la translation de la Faculté dans cette ville).
1872 Lauréat de l’Ancienne Faculté de Médecine « française » de Strasbourg (2° prix de thèse).
1872 Chef interne et chirurgien adjoint de l'hôpital civil de Strasbourg.
1874 Directeur de la Gazette médicale de Strasbourg.
1879 Membre correspondant « national » de la Société de Chirurgie de Paris. Elu par 26 voix sur 27 votants le 8 janvier.
1884 Président de l’Ancienne Société de Médecine « française » de Strasbourg (dissoute par arrêté préfectoral du 25 avril 1888).